Vers des Etats généraux du post-urbain

Publié le

Mai 2021

La pandémie a confirmé la vulnérabilité écologique et sanitaire des grandes villes, au point que le désir d’autres environnements voire quelques départs des villes connaissent un regain important. Pour préfigurer écologiquement cette évolution, et plus largement anticiper la nécessaire relocalisation, nous organisons les Etats généraux de la Société écologique du Post-urbain. Ils se tiendront en mai 2021 en Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ces Etats généraux souhaitent impliquer l’ensemble des fondations et fédérations, réseaux de coopération et associations, syndicats et médias, intéressé.e.s à participer d’une telle construction : expériences et visions développées, organisations et initiatives défendues, pensées critiques d’écologie politique pouvant les accompagner. Tout ceci dans des domaines aussi variés que les cultures de la terre, la production énergétique, l’habitat bioclimatique, ou encore le fonctionnement humain des différents projets qui ne cessent de se multiplier. Une soixantaine d’organisations est sollicitée à ce jour.
Vous trouverez ci-dessous une présentation exposant les grands objectifs, le calendrier,… Une première réunion de travail se tiendra le 9 ou le 10 novembre 2020 à Lyon, en présence et/ou à distance.
Si vous souhaitez plus d'informations ou souhaitez vous inscrire, vous pouvez écrire à:
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Etats généraux de la Société écologique du post-urbain (mai 2021)

Guillaume Faburel (coordinateur pour la FEP), Mathilde Girault et Daphné Vialan

Ainsi que la crise sanitaire nous l’a bien rappelé, les villes, les grandes, ne sont pas neutre écologiquement. Les espaces fortement urbanisés et inter-reliés ont été des foyers premiers d’émergence et de diffusion de la pandémie, que ce soit par destruction d’habitats naturels ou par l’interdépendance de modes de vie de faible vertu écologique. Et pourtant, bien qu’il soit su de longue date que les grandes villes contribuent plus que proportionnellement à l’épuisement des ressources, au dérèglement climatique, à l’altération de la biodiversité… participant dans un même mouvement à l’intensification de l’agriculture et à l’industrialisation de l’énergie, à l’accélération des rythmes de vie et à l’artificialisation des modes de vie, force est de constater, encore à ce jour, le peu de questionnement collectif sur le devenir des grandes agglomérations urbaines en voie active de métropolisation. La civilisation urbaine coulait des jours heureux jusqu’à peu. La croissance économique et son productivisme conditionnaient durablement nos rapports au vivant.

Or, à l’occasion de la crise sanitaire, des désirs pour d’autres formes de vie, excentrées des grands pôles urbains, ont vu leur expression mise sur le devant de la scène. Ils ne font qu’amplifier un mouvement engagé depuis une trentaine d’années en France comme dans d’autre pays du fait des excès psychologiques et sociaux des densités urbaines. De même, des réflexions sont enfin apparues sur les besoins vitaux et, dès lors, sur la relocalisation d’activités, sur la nécessaire autonomie et, ainsi, sur les options historiques de l’aménagement du territoire, celles visant concentrations humaines, polarisation économique et centralisation urbaine des pouvoirs. Il est vrai que qu’un pays ayant une organisation territoriale plus équilibrée, structurée autour d’un réseau dense et relié de petites villes, consomme entre 30 et 40 % moins d’énergie, à superficie et population comparables. Nous savons également, non moins officiellement, que le maintien du réseau des villes petites et moyennes est bien plus profitable à la réduction des écarts de développement entre régions que la polarisation renforcée dans et autour des grandes agglomérations.

Il y aurait donc quelques avantages à une réorganisation spatiale du peuplement au profit de milieux et cadres de vie à taille humaine et écologique : espaces ruraux, bourgs et hameaux, petites villes et villes moyennes. Et ce monde d’après tant débattu est déjà largement émergent. Les espaces plus ouverts, ceux des campagnes longtemps présentées comme en déclin, offrent des possibilités pour le ralentissement, le soin de la terre et la réhabilitation de certains savoir-faire dans des modèles économiques bien plus résilients et égalitaires. S’y développent, non sans quelques risques, des manières autres de faire communs par la ré-interrogation de ses propres besoins au contact du vivant. Le retour à l’anormal trouve en fait ici son alternative première.

Voici posé les bases de JUSTIFICATION des Etats généraux de la Société écologique du post-urbain :

1/ mettre enfin en débat les liens étroits qui unissent l’urbanisation des territoires et les crises écologiques majeure de ce jour

2/ pour alors penser les modalités concrètes de la relocalisation des activités de production, ainsi que l’installation écologiquement viable des populations dans les différentes régions périphériques

3/ en partageant les expériences de l’alternative écologique, qui par l’autonomie maillent de plus en plus le territoire national, ainsi que ceux d’autres pays d’Europe, et ce d’abord depuis le dehors des grandes métropoles

4/ pour ainsi étalonner pragmatiquement une écologie politique du post-urbain, en toute vigilance sur les risques représentés pour l’usage des terres et la vie des territoires locaux enfin reconnus pour quelques-unes de leurs vertus écologiques

Selon cette ambition, ces Etats généraux poursuivent TROIS GRANDS OBJECTIFS :

1/ réunir à trois reprises sur une première année l’ensemble des forces collectives de l’alternative écologique, qu’elles émanent de fondations (sociales ou politiques) ou de collectifs d’action, de syndicats ou d’ONG, avec leurs réseaux nationaux et internationaux

2/ pour opérer un constat partagé des dynamiques sociales et spatiales, écologiques et économiques qui affectent ce jour la diversité des territoires de l’espace national, en se décentrant des modèles de pensée et des imaginaires politiques encore dominants de l’urbain dense

3/ et, sur cette base, à la fois ouvrir une plate-forme d’échanges, définir collégialement les principes d’une vision agissante commune, et rédiger un manifeste à partir de scénarios contrastés des besoins à l’échelle de biorégions françaises (et de leurs espaces transfrontaliers)

Le CALENDRIER en cinq étapes :

1/ une réunion de travail d’une demi journée les 9 ou 10 novembre 2020 à Lyon, regroupant un ou deux représentant.e.s des organisations intéressées, pour échanger sur les finalités des Etats généraux, en valider les grands objectifs, ainsi que réunir les moyens pour la programmation et son organisation (avec date et lieu à arrêter)

2/ lancement officiel le 13 novembre 2020 à l’occasion d’une journée consacrée à la Société écologique post-urbaine au Salon Marjolaine (Paris)

3/ une demi journée de séminaire préalable en janvier 2021 à Lyon, dédiée aux enjeux socio-écologiques pour le ménagement post-urbain des territoires (groupes de discussion constitués sur la base des réponses à un questionnaire transmis en décembre 2020)

4/ une seconde demi journée de séminaire préalable en mars 2021 à Paris sera consacrée à la critique écologique de l’urbain, en partant des grands imaginaires de la densité et des expressions actuelles des volontés de dépassement, avec une liste de sujets saillants et un premier cahier de doléances

5/ après validation à distance de la synthèse du séminaire sur les enjeux socio-écologiques et la critique de l’urbain, les Etats généraux de la Société écologique du post-urbain réuniront 200 personnes durant deux jours en mai 2021 en Région Auvergne Rhône Alpes, avec :

- restitution des débats préparatoires et énoncé des cahiers de doléances sous une forme vivante (ex: un Procès des métropoles)

- tribunes des organisations et mise au vote de la critique de l’urbanisation de la Terre et des terres

- exposé et mise en débat de la vision commune des grands enjeux écologiques du post- urbain dans le cadre d’ateliers transversaux

- échanges pléniers et mise au vote des grandes options écologiques et territoriales du post-urbain

- ateliers d’écriture du manifeste pour une Société écologique du post-urbain

- stands des organisations et plate-forme de suivi pour la mise en œuvre des actions

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