Catastrophes naturelles et politiques d’adaptation au changement climatique

Les prévisions concernant les impacts des dérèglements climatiques ne cessent de s’aggraver sur l’ensemble du globe. Fin mars 2016, un article paru dans la revue de référence Nature ajoutait un sujet supplémentaire d’inquiétude. Prenant en compte un nouveau facteur de risque lié au réchauffement des courants océaniques, l’ampleur de la fonte des glaces antarctiques a été réévaluée à la hausse : l’élévation du niveau de la mer envisagée pour la fin du XXIe siècle serait non plus de 1 mètre mais de 2 mètres dans un scénario tendanciel de « business as usual » par lequel l’objectif fixé à 2°C maximum de réchauffement de la température moyenne du globe serait dépassé.  Il faut noter à cet égard qu’entre le 4ème et le 5ème (et dernier) rapport du GIEC publié en 2013, la projection sur la hausse du niveau de la mer avait déjà été multipliée par un facteur proche de 2, passant de 60 centimètres à un mètre à l’horizon 2100. Pire, une fois l’effondrement des glaciers du continent antarctique enclenché, le mouvement ne pourrait plus s’inverser avant des milliers ou des dizaines de milliers d’années. C’est du moins ce que l’étude du passé semble démontrer.


En France métropolitaine, l’effet du réchauffement climatique mondial modifie déjà  notre environnement et le cadre de vie de nombreux habitants. Certains événements extrêmes comme les inondations, les pluies violentes, les sécheresses et les canicules semblent devenir plus fréquents.  Ils affectent de plus en plus d’habitants car les zones à risques sont également les zones les plus attractives pour la population. Ainsi, les régions côtières de la Méditerranée ou de l’Atlantique sont régulièrement sujettes à des épisodes d’inondation et / ou de submersion marine qui se traduisent par des pertes répétées en vies humaines et des dommages aux biens considérables.


Les catastrophes naturelles sont donc un sujet central pour la définition de politiques d’adaptation. Elles sont un point d’entrée concret et urgent dans les processus de transition écologique, notamment en termes de responsabilité des différents acteurs, de mise en place des financements, de réflexion sur les processus de prévisions et d’action nécessaires pour l’aménagement du territoire, l’urbanisme, la modification des comportements.


Ce colloque, organisé conjointement par la Fondation de l’écologie politique, la Fédération française de l’assurance et la Caisse des dépôts et consignations croise les regards sur les évolutions en cours et sur la mise en œuvre de politiques publiques d’atténuation des risques, de préparation à la survenue de catastrophes naturelles inévitables ainsi qu’à leur répétition éventuelle. Il s’agit d’envisager comment l’adaptation aux changements est désormais incontournable. En d’autres termes, quelles traduction(s) faut-il tirer des événements en cours et des tendances sur longue durée pour définir un projet de société faisant évoluer les normes, posant des décisions de principe face aux risques ?


Trois tables rondes permettront de confronter les points de vue de représentants des mondes politiques et institutionnels, d’universitaires et d’acteurs de la société civile en mettant l’accent sur les questions de responsabilité, d’évolution des politiques à mener et de construction d’un discours à destination de l’ensemble de la société.