Sélection pour le prix du livre d'écologie politique 2022

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Le Prix de la FEP 

La Fondation de l’Ecologie Politique accorde chaque année depuis 2014 un Prix du Livre d’Ecologie Politique à un ouvrage francophone qui, par la qualité des idées et réflexions qu’il expose, concourt de manière significative à l’approfondissement de la pensée écologiste, à la compréhension des enjeux écologiques ou à l’élaboration de solutions ou d’actions publiques visant à la transformation écologique de la société.

- Sélection 2022 -

Capture d’écran 2022-01-12 à 15.39.11.pngOÙ SONT "LES GENS DU VOYAGE" ? INVENTAIRE CRITIQUE DES AIRES D'ACCUEIL

William ACKER, Éditions du commun, 2021

Ce n’est pas un hasard si les plus proches riverains de l’usine Lubrizol, partie en fumée toxique fin septembre 2019 à Rouen, étaient les habitant·es de l’aire d’accueil des « gens du voyage » de Petit-Quevilly. Partout en France, les lieux « d’accueil » attribués aux personnes relevant de cette dénomination administrative se trouvent à l’extérieur des villes, loin de tout service, ou dans des zones industrielles à proximité de diverses sources de nuisances. Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, William Acker a décidé de les recenser, département par département. La première partie de cet ouvrage analyse le contexte historique, sociologique et politique de ces communautés et du rapport que l’État entretient avec elles. La seconde partie est l’inventaire exhaustif et cartographié des aires d’accueil. Cet inventaire s’appuie sur des critères précis et factuels comme la distance et la durée de trajet de la mairie à l’aire, la proximité immédiate de zones habitables ou de zones à risque sanitaire ou écologique (centrale nucléaire, déchèterie, usine, station d’épuration, etc.). C’est un travail inédit qui permet de mettre en lumière, d’une part, l’antitsiganisme diffus dans toutes les strates de notre société et, d’autre part, l’encampement moderne de toute une partie de la population invisibilisée de l’espace et du débat publics. Les « gens du voyage » sont en première ligne d’un des grands enjeux de lutte du XXIe siècle : le racisme environnemental.


Capture d’écran 2022-01-12 à 15.51.50.pngMANIFESTE POUR UNE ÉCOLOGIE DE LA DIFFÉRENCE

Hicham-Stéphane AFEISSA, Éditions Dehors, 2021

Comment mettre un terme au rapport de domination et de violence que nous entretenons avec la nature en général et les animaux en particulier? Peut-on espérer y parvenir en apprenant à nous réconcilier avec la vie censée relier de manière essentielle l’homme et l’animal, et à entrer en résonance avec une nature qui a cessé de nous parler ?

Le but de ce manifeste est de montrer les limites et les faiblesses du principe d’une telle solution en plaidant pour une écologie de la différence. L’animal conçu comme être sensible et vulnérable, méritant en tant que tel pitié et compassion, est une abstraction philosophique qui, sous couvert d’élever le statut des animaux et de leur garantir une forme de protection morale et juridique, commence par leur faire violence en ne respectant pas leur altérité fondamentale et la richesse de leur mode d’existence. La planète – même et peut-être plus que jamais à l’âge de l’Anthropocène – demande elle aussi à être comprise dans son étrangeté comme nature créative, potentiellement incontrôlable et foncièrement imprévisible.


Capture d’écran 2022-01-12 à 15.58.55.pngLA TERRE ET NOUS

Roland ALBIGNAC, Éditions Terre Vivante, 2021

Partons à la découverte de notre planète Terre, de ses différents milieux et des mécanismes évolutifs qui ont conduit les humains à la place qu’ils occupent aujourd’hui ! Ce beau livre, richement illustré, décrit les grands modes de fonctionnement de la vie sur Terre, pour vous permettre de vous faire votre propre opinion sur la complexité des problématiques environnementales. Il propose des perspectives et des applications concrètes dans les différents domaines de l’environnement et du développement durable : gestion des milieux naturels – et notamment des forêts -, protection de la biodiversité, croissance démographique, maladies infectieuses émergentes, gestion des déchets et pollutions, consommation d’énergie... Ce témoignage d’un écologue arrive à un moment crucial des politiques environnementales nationales et mondiales, 30 ans après les premiers engagements du Sommet de la Terre à Rio. Devant les faibles résultats obtenus depuis 1992, l’auteur reprend ici, dans une vision mondialiste, réaliste et actualisée, les actions à mener en faveur du développement durable. Une explication de la complexité environnementale à travers un propos très pédagogique et une abondante iconographie, pour donner à voir la beauté aussi bien que la fragilité du monde qui nous entoure.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.02.41.pngÉCRIVONS ENSEMBLE UN NOUVEAU RÉCIT POUR SAUVER LA VIE

Jean-Christophe ANNA, Éditions L’archipel du vivant, 2021

« Extractiviste et productiviste, consumériste et « déchetiste », notre civilisation thermo-industrielle est une entreprise collective de destruction massive du vivant. Capitaliste et patriarcal, suprémaciste et spéciste, le Système dominant actuel, est à l’origine même de la situation absolument catastrophique dans laquelle nous nous trouvons. Les inégalités atteignent des sommets et nos démocraties sont des parodies. Nous sommes shooté·e·s à la frénésie de la croissance infinie, aveuglé·e·s par l’hérésie du progrès et le mirage de la technologie, englué·e·s dans notre petit confort de vie, hyper-connecté·e·s à l’artifice virtuel de la méga machine et complètement déconnecté·e·s de tout encrage réel dans le vivant. Nous ne sommes plus depuis longtemps au pied du mur, nous le traversons pour mieux plonger dans le précipice situé immédiatement derrière. Or, l’écologie qui aspire au pouvoir est incroyablement naïve et ses solutions complètement bancales.Transition ? Non, RÉVOLUTION ! La véritable écologie est rebelle, vitale ! Cessons d’espérer et armons-nous de courage, faisons preuve d’audace, autorisons-nous la plus grande liberté de pensée et d’action pour décoloniser nos esprits, nous émanciper du conditionnement sociétal, nous débrancher de la matrice, nous autogérer, nous autonomiser, faire sécession... Il nous faut absolument tout repenser, requestionner, tout déconstruire, déconditionner. Transition ? Non, RÉVOLUTION ! Nous avons 18 défis à relever collectivement pour atteindre enfin l’âge adulte en changeant radicalement de prisme. Réveillons-nous ! Nous n’avons plus le temps, plus le luxe, de nous tromper ni de combat, ni d’objectif, ni de méthode. Ce n’est pas le climat qui est menacé, c’est la vie qui est en grave danger. Troquer une énergie contre une autre ne suffira pas. Changer le Système est fatal, changer DE système est vital. Transition ? Non, RÉVOLUTION ! Il nous appartient de réhabiter la Terre en respectant le vivant, de faire sauter tous les rapports de domination et d’inventer une véritable démocratie. C’est à nous, toutes et tous ensemble, d’écrire – et de vivre – ce nouveau récit. C’est notre unique issue pour sauver la VIE ! »


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.04.31.pngNOUS NE SOMMES PAS SEULS. POLITIQUES DES SOULÈVEMENTS TERRESTRES

 Léna BALAUD &  Antoine CHOPOT, Édition du Seuil, 2021

Que devient la « politique » lorsque des paysannes et des écologistes disséminent des graines de plantes résistantes aux herbicides dans les monocultures d'OGM pour en saboter les rendements ? Lorsque des naturalistes en lutte invitent un couple de balbuzards pêcheurs à protéger un fleuve menacé par un énième projet inutile et imposé ? Lorsque des villageois kirghizes échappent à la mainmise de l'État sur leurs moyens de subsistance en greffant en secret une forêt fruitière ? D’autres manières de faire, de se défendre, de résister, nous devancent, nous déstabilisent et nous renforcent : des manières animales, végétales, sylvestres, microbiennes, fongiques... Nos alliés sont multiformes, considérablement plus nombreux et divers que ce que notre imagination laisse entrevoir. Si nous sommes bien les seuls responsables d’un choix concerté de cibles et de stratégies contre les causes du ravage et des inégalités, nous ne sommes pas les uniques acteurs du changement que nous souhaitons voir advenir. Appel à refuser la mise au travail de la planète, ce traité d'écologie politique terrestre ouvre de nouveaux horizons pour agir avec la nature contre ceux qui l’effondrent.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.07.27.pngTEMPS-PAYSAGE. POUR UNE ÉCOLOGIE DES CRISES

Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Éditions Le Pommier, 2021

Qu’il tende vers le progrès ou vers l’effondrement, nous voyons le temps sous la forme d’une flèche, et nous le supposons donc unique et linéaire, maîtrisé, dominé, comme vu de dehors, c’est-à-dire de nulle part. Or, la crise du climat nous oblige à abandonner cette position d’extra-territorialité : de multiples temporalités y entrent en jeu – les temps cosmologique, géologique, biologique, histo-rique, social et vécu –, qui rendent caduc le primat du temps chronologique, lequel semble les aligner sur les barreaux d’une même échelle. Dans cet essai, Bernadette Bensaude-Vincent nous invite à sortir du cadre temporel de la modernité occidentale pour porter attention à la diversité des temps propres aux vivants et aux choses qui font monde avec nous – jusqu’aux virus, aux plastiques ou aux déchets nucléaires. En s’inspirant de la pensée chinoise classique aussi bien que de l’écologie du paysage, elle met au jour une hétérogénéité de trajectoires temporelles qui cohabitent, interfèrent et s’entremêlent. Par là, elle ne nous apprend rien de moins qu’à composer des « temps-paysages », c’est-à-dire à replonger les actions humaines dans les cycles multiples qui régissent l’histoire de la Terre, articulant le temps qui passe avec le temps qu’il fait.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.10.15.pngTERRE ET LIBERTÉ. LA QUÊTE D'AUTONOMIE CONTRE LE FANTASME DE LA DÉLIVRANCE

Aurélien BERLAN, Éditions La lenteur, 2021

Dans la plupart des civilisations ou des milieux sociaux, l’idée de la liberté qui prévaut est de pouvoir se décharger de la vie matérielle, des tâches de subsistance : sur les esclaves, sur les travailleurs manuels et les femmes, sur les machines... Dans cet essai philosophique remarquable, A. Berlan ravive une conception opposée, subalterne, de la liberté portée par des mouvements paysans d’hier et aujourd’hui (zapatisme) : la prise en charge collective et égalitaire des besoins de base, des besognes nécessaires à la vie sur terre. Contre le rêve de délivrance, le projet d’autonomie ; contre le libéralisme, le marxisme et notre société de services néo-domestique, la réappropriation de la part matérielle de nos vies.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.12.46.pngL'URGENCE DE RELOCALISER

Aurélien BERNIER, Éditions Utopia, 2021

En politique comme chez les économistes, tout le monde ou presque prétend vouloir relocaliser et réindustrialiser la France. Et nul doute que ce débat sera central lors des échéances électorales de 2022. Pour certains, le clivage entre souverainisme et libre-échangisme aurait même effacé celui entre la gauche et la droite. Mais le problème est loin d’être aussi binaire. Pour faire revenir les entreprises et redresser l’emploi, les principales tendances politique avancent des propositions au mieux inefficaces, au pire dangereuses. Chez les plus libéraux, c’est la fuite en avant dans l’innovation, la compétitivité, la dérégulation au mépris des salariés et de l’environnement. Chez d’autres, c’est un localisme abstrait. Chez certains encore, c’est un nationalisme rétrograde qui ne change absolument rien aux structures économiques et sociales. Pour combattre le libre-échange sans laisser le champ libre aux nationalistes, les forces de transformation sociales et écologiques doivent penser la relocalisation, la décrire, la planifier. L’enjeu est économique mais aussi écologique et démocratique, car sans relocaliser, il est impossible de choisir ce qu’il faut produire et de quelle manière. Dans cet ouvrage, l’auteur livre sa vision transformatrice, décroissante et internationaliste de la relocalisation, ainsi que ses modalités concrètes dans cinq domaines stratégiques : les capitaux (et donc les investissements), la santé, l’alimentation, l’énergie et l’automobile.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.15.56.pngHÉRITAGE ET FERMETURE. UNE ÉCOLOGIE DU DÉMANTÈLEMENT

Emmanuel BONNET, Diego LANDIVAR et Alexandre MONNIN, Éditions Divergences, 2021

Nous dépendons pour notre subsistance d’un «monde organisé», tramé par l’industrie et le management. Ce monde menace aujourd’hui de s’effondrer. Alors que les mouvements progressistes rêvent de monde commun, nous héritons contre notre gré de communs moins bucoliques, « négatifs », à l’image des fleuves et sols contaminés, des industries polluantes, des chaînes logistiques ou encore des technologies numériques. Que faire de ce lourd héritage dont dépendent à court terme des milliards de personnes, alors qu’il les condamne à moyen terme? Nous n’avons pas d’autre choix que d’apprendre, en urgence, à destaurer, fermer et réaffecter ce patrimoine. Et ce, sans liquider les enjeux de justice et de démocratie. Contre le front de modernisation et son anthropologie du projet, de l’ouverture et de l’innovation, il reste à inventer un art de la fermeture et du démantèlement: une (anti)écologie qui met «les mains dans le cambouis».


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.18.34.pngDEVENIR GARDIENS DU VIVANT. POUR LA DÉFENSE DU VIVANT ET DES GÉNÉRATIONS FUTURES

Marine CALMET, Éditions Tana, 2021

Protéger et défendre notre lien à la Terre pour former une nouvelle communauté du vivant. Piller, polluer, déforester... L’humain est devenu la plus grande menace pour la nature. Lancé dans une course à l’accaparement des richesses naturelles, le monde industriel dépasse toujours plus les limites biologiques de notre planète. Ce livre est le récit d’un engagement. Après trois années de mobilisation en Guyane française contre le projet de mine industrielle Montagne d’or et les forages offshore de Total, la juriste Marine Calmet témoigne des carences de notre société et de nos lois pour protéger la nature. Face aux appétits des industriels et à la duplicité de l’État, contre le pillage de la Terre et des peuples colonisés, sa réponse est celle d’une désobéissance créatrice et constructive. Elle enjoint à sortir de l’Anthropocène, à écouter et apprendre des Premières Nations, à créer de nouvelles normes respectueuses des processus biologiques de notre planète, à accomplir en somme une transformation majeure en enracinant la communauté humaine dans la communauté du Vivant. Le mouvement pour une jurisprudence de la Terre s’impose comme une évidence émancipatrice. Véritable manifeste, ce récit convaincra celles et ceux qui, lassés des pétitions, des pancartes et des écogestes, souhaitent s’investir du rôle de gardienne ou de gardien de la nature.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.29.12.pngLA TECHNIQUE ET LA CHAIR

Daniel CÉRÉZUELLE, Éditions L’échappée, 2021

Nous commençons à le voir aujourd’hui : le règne de la technique a dévasté la nature et enfermé l’être humain dans un processus autodestructeur. Mais il ne trouve pas seulement son expression dans des appareils, des usines, des écrans, des réseaux. Il est ancré au plus profond de nous-mêmes, dans notre fascination pour tout ce qui relève de l’efficacité, de la nouveauté, de la rapidité. Mobilisant la notion de chair comme fil conducteur, ce livre explore le rapport de l’homme moderne aux techniques, et montre comment il se fonde sur un imaginaire composé autant de mythes sensibles que d’idées abstraites. Cet imaginaire conduit ainsi nos contemporains à considérer comme un sacrifice le renoncement à la puissance que nous procurent les machines. Pourtant, c’est aussi parce que nous sommes des êtres de chair que le déploiement foudroyant de la puissance technicienne a des effets désorganisateurs, voire déshumanisants. Il est donc vital d’imposer un rythme plus lent et de nouvelles orientations au changement technique. Tâche à laquelle nous sommes bien mal préparés, et dont une des premières conditions est de procéder à une démystification de notre imaginaire technique.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.31.06.pngLE BIEN COMMUN, LE CLIMAT ET LE MARCHÉ

Benjamin CORIAT, Éditions Les liens qui libèrent, 2021

« En 2016, Jean Tirole, prix Nobel d’économie, publie Économie du bien commun, un ouvrage vite porté aux nues par la critique. Pourtant cet ouvrage, à commencer par son titre même ne laisse pas d’interroger et de susciter critiques et étonnements. En effet ce qui est désigné par l’auteur comme l’« économie du bien commun » n’est en fait rien d’autre que son ancienne théorie des incitations et de la réglementation, à peine remise au gout du jour. Les propositions de Tirole sont si éloignées de celles qui, à partir des travaux d’Elinor Ostrom – prix Nobel d’économie 2009 – constituent aujourd’hui l’approche par les Communs, qu’il m’a paru nécessaire ici, pour la clarté des choses et couper court au risque de confusion, de procéder à quelques mises au point. En confrontant les deux approches, tant sur le plan de la théorie qu’à propos de ce bien commun essentiel qu’est le climat, les différences apparaissent dans toute leur ampleur. Alors que la proposition centrale de Tirole pour lutter contre le changement climatique consiste à promouvoir un marché des droits à polluer, la proposition d’Ostrom, vise au contraire, à faire obstacle aux ajustements de marché à partir d’une gouvernance qu’elle qualifie de « polycentrique », dont la Convention Citoyenne pour le Climat fournit une bonne illustration. Ces deux conclusions opposées le disent assez : en aucune manière une théorie du bien commun, plus vivante et nécessaire que jamais, ne saurait être ramenée à ce à quoi on a prétendu la réduire.»


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.32.56.pngCRIMINELS CLIMATIQUES

Mickaël CORREIA, Éditions La découverte, 2022

Cent entreprises sont responsables de 70 % des émissions globales de gaz à effet de serre. Et parmi elles, Aramco, Gazprom et China Energy sont les trois premières multinationales qui régurgitent le plus de CO2 au monde. Inconnues du grand public, elles sont les championnes internationales du pétrole, du gaz et du charbon. Si ce trio était un pays, il incarnerait la troisième nation la plus émettrice, juste derrière la Chine et les États-Unis. Cette enquête inédite révèle comment ces trois géants industriels déploient tout un arsenal de stratégies redoutables – corruption, néocolonialisme, lobbying, greenwashing, soft power, etc. – pour perpétuer notre addiction au carbone. En continuant coûte que coûte à extraire les ressources des entrailles de la Terre, ils attisent sciemment les flammes qui brûlent notre planète et agissent en criminels climatiques. Des clubs privés de New York aux couloirs de l’Élysée, des banques de Pékin aux palaces de Riyad, l’auteur dévoile les cercles de pouvoir au coeur de ce capitalisme fossile et la manière dont ces firmes élaborent dans l’ombre une véritable bombe climatique, mettant en péril toute l’humanité. Alors que la nécessité d’adopter des comportements individuels écoresponsables est sans cesse martelée, ce livre désigne les réels responsables du chaos climatique et montre qu’il est urgent de les mettre définitivement hors d’état de nuire.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.35.23.pngLE LIEN NATUREL. POUR UNE RECONNEXION AU VIVANT

Alix COSQUER, Éditions Le Pommier, 2021

La nature rend heureux ! À l’heure où le paysan a cédé sa place à l’exploitant agricole et où les périphéries se couvrent de zones industrielles et pavillonnaires, une grande majorité de la population habite en ville et travaille dans des espaces clos, passant de longues heures devant des écrans. Les confinements successifs et la généralisation du télétravail l’ont confirmé : nous sommes plus que jamais « en déficit de nature ». Tirant le fil de cette déconnexion, Alix Cosquer s’interroge. Et si nous étions incapables de changer durablement notre rapport à la nature... faute d’intérêt ? Et si notre sensibilité au monde naturel s’était définitivement émoussée ? Nos représentations tendent toujours à séparer l’humain de la nature : l’idéologie capitaliste a prospéré en faisant de l’exploitation du vivant un pilier fondateur, le reléguant à la marge de nos préoccupations. Tel est donc le défi qu’Alix Cosquer nous invite à relever dans cet essai : réactiver une sensibilité au monde pour adhérer, tant individuellement que, surtout, collectivement, à des valeurs, à des objectifs, à des savoirs qui mettent le vivant au cœur de notre vie.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.37.24.pngÀ L'AUBE DE LA 6ÈME EXTINCTION. COMMENT HABITER LA TERRE

Bruno DAVID, Éditions Grasset, 2021

« Juillet 2019, il fait 42,6 c° au parc Montsouris à Paris, dans le Languedoc on enregistre 46°c à l’ombre. C’est une fournaise. Quelques mois plus tard, des tempêtes de feu ravagent l’Australie et on s’émeut de voir la faune et la flore dévorées par les flammes. Ce fameux mois de juillet 2019 aura été le plus chaud enregistré sur terre depuis que les relevés météorologiques existent. Le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse, c’est un fait vérifiable par tous : la banquise arctique a perdu 96% de sa surface en 35 ans, le permafrost, cette bande de gel qui ceinture le grand Nord, recule, et chaque année le niveau des océans montent un peu plus. Mais le climat et ses effets spectaculaires ne sont que la face la plus visible d’un bouleversement de bien plus grande ampleur qui concerne la vie elle-même. Au cours de sa longue existence, notre planète a connu plusieurs crises majeures, qui, à chaque fois, ont transformé en profondeur le vivant et entraîné l’extinction de la majorité des espèces. Mais l’image d’Épinal qui montre un dinosaure regardant, l’œil inquiet, une météorite s’écraser sur la terre et provoquer son extinction brutale est un mythe. Les crises de la biodiversité avancent masquées, en silence. Ces trente dernières années, un quart des oiseaux d’Europe ont disparu et pourtant nous n’avons pas marché sur des cadavres d’oiseaux le long des routes et des chemins. Aujourd’hui, tout laisse à penser que nous sommes à l’aube d’une sixième extinction qui arrive à une vitesse foudroyante : on estime que 500 000 à un million d’espèces sont en train de décliner et que d’ici quelques décennies elles pourraient s’éteindre. L’homme et sa consommation sans cesse croissante d’espace et d’énergie en est la première cause. Si rien n’est fait, cette nouvelle crise majeure de la biodiversité aura bien lieu, et l’humanité, dont la survie et la prospérité dépendent de l’équilibre de des écosystèmes, pourrait elle aussi disparaître. » - Bruno DavidPlus qu’un cri d’alarme, A l'aube de la 6e extinction est un plaidoyer pour le vivant sous toutes ses formes et un guide pratique, à hauteur d’homme, pour éviter le naufrage, posant ainsi les jalons d’une éthique pour la planète, sans moralisme ni culpabilisation. Est-il trop tard ou pouvons-nous éviter le pire ? La réponse est entre nos mains.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.39.18.pngGOUVERNER LA BIODIVERSITÉ OU COMMENT RÉUSSIR À ÉCHOUER

Vincent DEVICTOR, Éditions Quae, 2021

Pourquoi réussissons-nous à échouer avec autant de brio en matière de politique écologique ? Cet ouvrage éclaire les conditions d’impossibilité de la gouvernance de la biodiversité. L’auteur retrace le rôle de la notion de biodiversité et des sciences de la conservation dans l’affrontement idéologique des années 1980. La gestion des ressources devient le maître-mot, le développement durable un cri de ralliement pacificateur, et la nature une variable d’ajustement. C’est la disparition du contenu politique de la crise de la biodiversité. Il expose ensuite comment la crise de la biodiversité est privée de sa dimension écologique. Le vivant est considéré par les politiques de la nature comme un ensemble d’entités inertes qui se prêtent au tri, aux analyses coûts-bénéfices ou à la substitution. Ce double effacement, politique et écologique, participe à forger l’imaginaire d’une gestion globale de la biodiversité. Si le défi écologique demeure figé dans ce double effacement, il ne peut que réussir à échouer. Comment sortir de cette spirale mortifère et peu stimulante ? Cet ouvrage cherche à identifier les points à défendre pour rejeter ce modèle managérial de la crise écologique.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.44.36.pngLA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ICI ET MAINTENANT !

Camille DORIVAL, Éditions Les petits matins, 2021

La transition écologique, ce n’est pas seulement des lois, des politiques et de grands sommets internationaux. C’est aussi, en France, une myriade d’initiatives de terrain. Ici et maintenant, on protège la biodiversité, on rénove des bâtiments, on met en place des mobilités douces, on produit de l’énergie renouvelable, on cultive durable... Tout en créant des emplois dignes et du mieux-être pour la collectivité. Innovantes et variées, ces activités ont un point commun : elles sont largement portées par des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Ancrées dans les territoires et répondant à leurs besoins spécifiques, elles font en sorte que la transition écologique aille de pair avec la lutte contre la précarité et le renforcement du lien social. Les exemples relatés ici doivent se multiplier et se développer – à côté des politiques impulsées par les acteurs publics – si les humains veulent pouvoir continuer à habiter la Terre pendant encore quelques milliards d'années !


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.45.37.pngUTOPIES LOCALES. SOLUTIONS ÉCOLOGIQUES ET SOLIDAIRES DE DEMAIN.

Timothée DUVERGER, Éditions Les petits matins, 2021

Le « monde d’après » annoncé par tant de prophètes pendant le confinement du printemps 2020 existe déjà. Il ne demande qu’à se déployer pour que les innombrables « utopies locales », porteuses d’une autre manière de produire, de vivre et de consommer, deviennent la norme de l’économie de demain. Ce monde d’après est en grande partie mis en musique par des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Cette foule d’initiatives citoyennes défriche les possibles et construit des solutions écologiques et solidaires face aux besoins et aux aspirations des habitants. Pôles territoriaux de coopération économique, tiers-lieux, revenu de transition écologique, énergies citoyennes, foncières solidaires, mobilités partagées : les expérimentations des associations, coopératives, mutuelles, fondations et autres entreprises sociales se multiplient dans les territoires. Elles ouvrent la voie à une « société post-croissance », une société où primerait la finalité du bien-vivre. Merci pour leur soutien à la Macif, à ESS France, à la Fondation crédit coopératif, au Labo de l'économie sociale et solidaire, à l'Association des lecteurs d'Alternatives économiques et AG2R La Mondiale.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.49.13.pngNOTRE AMI L'ATOME

Michaël FERRIER & Kenichi WATANABE, Éditions Gallimard, 2021

Partout sur la terre de Fukushima, à deux pas des habitations, parfois cachés par un simple rideau d’arbres, de grands sacs noirs s’entassent, remplis de déchets radioactifs — branches, herbes, fleurs, poussière... —, montrant au voyageur stupéfait une image tangible de ce qu’on pourrait appeler la poubellification du monde, ou l’avenir programmé de notre planète. Plus loin, des milliers de réservoirs bleus, de réservoirs blancs, de réservoirs gris : aujourd’hui, et pour des dizaines d’années encore, on refroidit en permanence la centrale en l’aspergeant d’eau. Au contact des réacteurs, l’eau utilisée devient immédiatement radioactive : des centaines de cuves stockent plus d’un million de tonnes d’eau contaminée. Chaque année, le paysage s’obstrue davantage et l’espace de stockage arrivera à saturation en 2022. Pour résoudre le problème, ou plutôt l’évacuer, des experts commissionnés par le gouvernement recommandent purement et simplement de les vider dans la mer.

Notre ami l’atome est la transposition de trois films écrits par Michaël Ferrier et réalisés par Kenichi Watanabe : Le Monde après Fukushima, 2013, Terres nucléaires, une histoire du plutonium, 2015, Notre ami l’atome, 2020.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.51.17.pngLA NUMÉRISATION DU MONDE. UN DÉSASTRE ÉCOLOGIQUE

Fabrice FLIPO, Éditions L’Échappée, 2021

Le mythe de l’immatérialité du numérique est enfin en train de s’effondrer. Il s’avère que ce secteur, sur le plan écologique, est le plus mauvais élève de tous, notamment au niveau des émissions de gaz à effet de serre : pire que l’aviation, à tous points de vue. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et quelles en sont les conséquences ? En s’appuyant sur une étude exhaustive des rapports scientifiques sur le sujet, Fabrice Flipo définit avec précision les enjeux de la numérisation du monde et ses implications écologiques – énergétiques, climatiques et matérielles. Il rapproche le numérique de la logistique et explique ce qu’il faut comprendre lorsqu’il est question de « plateformes ». Il décrit comment les modes de vie ont évolué, sous la pression conjointe des entreprises et de l’État. Les consommateurs sont manipulés, canalisés vers des besoins qu’ils n’avaient pas, au nom du progrès et de la compétitivité. Il esquisse également une théorie nouvelle du changement social et politique. Renvoyant dos à dos « petits gestes » et « révolution », il montre que tout se joue, dans le numérique comme ailleurs, dans l’affrontement entre réseaux de différentes natures.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.53.38.pngRÉVEILLER LES ESPRITS DE LA TERRE

Barbara GLOWCZEWSKI, Éditions Dehors, 2021

Ce livre part d’une multiplicité d’expériences et de savoirs: du chamanisme aux rites totémiques, des luttes pour des droits à la terre aux pratiques visant à devenir-territoire pour résister à l’accélération des politiques destructrices des milieux de vie. Pour les Warlpiri et leurs voisins du désert central australien, les esprits de la terre, de l’eau, de l’air sont en colère quand les humains ne respectent pas certaines lois d’équilibre qui pour ces gardiens et gardiennes de sites sacrés sont à la fois sociales, environnementales et cosmologiques. Cette sagesse ancestrale se réactualise ou se retrouve dans nombreuses situations un peu partout sur la planète. Depuis l’Australie ou la France, de la Montagne limousine à la Zad de Notre-Dame-des-Landes, en passant par la Guyane et la Polynésie françaises, Barbara Glowczewski fait le récit de ces multiples stratégies pour “résister au désastre” en montrant la créativité des luttes qui prennent forme aujourd’hui contre un rapport prédateur à la terre devenu hégémonique. Le constat commun à ces expériences invite à favoriser de nouvelles alliances pour réveiller les esprits de la terre et mieux défendre tout ce qui y vit.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.55.25.pngTERRE ET CAPITAL. POUR UN COMMUNISME DU VIVANT

Paul GUILLIBERT, Éditions Amsterdam, 2021

L’humanité a basculé dans l’ère des catastrophes globales. Partout sur la planète les forêts brûlent, les océans s’asphyxient, les espèces disparaissent. La sixième extinction de masse est en marche. L’urgence commande l’élaboration d’une politique qui conjurerait la destruction généralisée de la vie : un communisme du vivant. Puisque la crise environnementale procède de la recherche effrénée du profit, toute écologie politique formulée en dehors de cet horizon est vouée à l’échec. S’appuyant sur une lecture conjointe du marxisme et des humanités environnementales, Paul Guillibert défend une philosophie sociale de la nature pour démontrer que la préservation de la biosphère est devenue une condition nécessaire à l’émancipation. Tentative inédite de fournir une assise théorique aux luttes pour les usages de la Terre et à la prise en compte des non-humains, cet essai propose une ambitieuse actualisation du projet communiste, fondée sur la protection du vivant.


Capture d’écran 2022-01-12 à 16.57.10.pngLA FABRIQUE DES NON PROBLÈMES

Emmanuel HENRY, Presses de Sciences Po, 2021

S'appuyant sur de nombreux cas, l'ouvrage montre comment l'industrie déploie de véritables stratégies pour soustraire du débat public les sujets les plus préjudiciables à ses activités. Pourquoi certains problèmes – la pollution des sols et les cancers professionnels par exemple – restent-ils durablement invisibles ? Pourquoi les décideurs publics semblent-ils attendre qu'un énorme scandale éclate pour se sentir contraints à leur apporter des réponses politiques ? Comment expliquer le désintérêt persistant à leur endroit, au point qu'ils deviennent des « non-problèmes », contrairement à d’autres qui font l’objet de politiques volontaristes ?Le politiste et sociologue Emmanuel Henry, s’appuyant sur de nombreux cas, montre comment l’industrie déploie de véritables stratégies pour soustraire du débat public les sujets les plus préjudiciables à ses activités. Il s’agit d’éloigner les risques du regard des citoyens en produisant de l’ignorance scientifique (tabac), de lutter contre l’émergence de nouvelles connaissances en orientant les financements (amiante), de techniciser les sujets pour construire les normes avec les experts de l’État en toute discrétion (produits chimiques), d’entretenir l’indifférence en s’appuyant sur les inégalités sociales pour maintenir le statu quo. Autant d’éléments pour que les non-décisions s’accumulent.


Capture d’écran 2022-01-19 à 23.22.15.pngMILITER CHEZ LES VERTS

Vanessa JÉROME, Éditions Presses de Sciences Po, 2021

Prenant appui sur une somme inédite de matériaux, cette enquête au cœur d'Europe Ecologie - les Verts et des Jeunes écologistes analyse les ressorts de l'engagement et de la semi-professionnalisation politique de militants dont les valeurs et les pratiques sont indissociables.

Idéalistes ou arrivistes, courageux ou dogmatiques, les militants verts ont une image très contrastée. Leur parti, Europe Écologie – Les Verts (EELV), passe pour divisé et cacophonique. Il est pourtant une terre d'accueil pour celles et ceux qui croient à la nécessité du projet écologiste et à son caractère émancipateur. Près de quarante ans après sa création, et alors que la volonté de gouverner s'affirme chez les écologistes depuis les vagues vertes des élections européennes et municipales de 2019 et 2020, le parti vert français reste à bien des égards méconnu.

Prenant appui sur une somme inédite de matériaux, cette enquête au coeur d’EELV et des Jeunes écologistes analyse les ressorts de l’engagement et de la semi-professionnalisation politique de militants dont les valeurs et les pratiques sont indissociables. Elle conte, à hauteur d’adhérents, l’histoire d’un parti qui entend faire de la politique autrement.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.11.04.pngDÉMOCRATIE CONTRE ÉCOLOGIE. LES OBSTACLES SOCIAUX À LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE

Salvador JUAN, Éditions Le bord de l’eau, 2022

La démocratie, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui en France, est le principal obstacle à la nécessaire transition écologique à opérer pour éviter que les désastres en cours ne s’accentuent et ne conduisent à terme à l’effondrement de notre modèle social. La démocratie du productivisme est celle du marché libre s’opposant à l’écologie à la fois par l’abondance des modèles de consommation et par divers obstacles culturels, sociaux, politiques, économiques, démographiques ou technologiques. Si les milliers d’expérimentations et de réalisations locales que porte le mouvement de l’Économie sociale et solidaire, ainsi que les politiques de préservation (parcs, réserves, zones protégées, etc.) sont des plus utiles, elles n’agissent pas à la source sur les fondements du productivisme, sur les questions transversales de l’emploi industriel ou de l’urbanisation, ni sur les transports longue distance ou sur la préservation du modèle de protection sociale en économie décroissante. Enfin, interviennent les contradictions entre le temps long des problèmes et le temps électoral ou politique court, ou entre le caractère virtuel, l’invisibilité relative, de certains désastres en cours, concernant surtout les prochaines générations, et les conditions de vie très concrètes, dures au jour le jour pour une grande partie de la population. L’auteur démontre qu’aucune réforme structurelle d’orientation écologique ne se concrétisera sans tenir compte des inégalités de classe, entre secteurs d’activités, entre régions, entre le Nord et le Sud, mais aussi entre générations actuelles et à venir. Bref, la «transition écologique » sera solidaire ou ne sera pas.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.12.49.pngL'IMPOSTURE OCÉANIQUE. LE PILLAGE "ÉCOLOGIQUE" DES OCÉANS PAR LES MULTINATIONALES

Catherine LE GALL, Éditions La découverte, 2021

Depuis les années 2000, des ONG accusent les pêcheurs bretons de surpêche et de massacre des dauphins. Mais braquent-elles les projecteurs au bon endroit ? Les menaces qui pèsent sur les océans sont de natures multiples et elles ne cessent de croître : dérèglement climatique, invasion des plastiques, pollutions terrestres... Auxquelles s’ajoute l’appétit croissant des multinationales qui en convoitent les richesses, comme les minerais, le vent, les courants, la capacité à stocker le carbone, les génomes ou les baleines. Pour exploiter les mers, ces multinationales brandissent une solution miracle : l’« économie bleue ». Cette formule magique promet que l’on peut tirer profit des ressources maritimes tout en les préservant. Et oriente au passage les critiques vers le bouc émissaire de la pêche artisanale. Comme le montre Catherine Le Gall dans cet essai percutant, il s’agit là d’une redoutable imposture, élaborée par les multinationales et leurs lobbyistes. Son enquête révèle le rôle méconnu joué par trois armes de persuasion massive : les associations professionnelles transnationales, les fondations philanthropiques créées par des hommes d’affaires pour imposer leur vision dans les sommets climatiques, et les ONG nord-américaines pro-marché qui proposent de vendre et acheter la nature. Toutes préconisent de monétiser les ressources maritimes pour les « protéger », en vérité pour permettre leur pillage tous azimuts. Mais peut-on sauver les océans en faisant confiance au marché ?


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.15.24.pngÉCOLOGIES DÉVIANTES. VOYAGE EN TERRES QUEERS

Cy LECERF MAULPOIX, Éditions Cambourakis, 2021

Tout à la fois voyage, enquête, cheminement personnel, réflexion politique sur l'articulation des luttes contemporaines, ce livre de Cy Lecerf Maulpoix, journaliste engagé dans les luttes LGBTQI et pour la justice climatique, nous entraîne dans les jardins anglais de l’artiste Derek Jarman, de l’écrivain socialiste Edward Carpenter, du Bloomsbury Group, sur les traces des Radical Faeries de l’Arizona à San Francisco jusqu’aux zones de cruising des lisières des grandes villes. Parce qu’il met au jour des généalogies oubliées, ce texte permet de reconnaître la dette de l’écologie politique à ces précurseurEUSEs déviantEs. À l’heure où chacunE est concernéE par les enjeux écologiques planétaires, ce livre nécessaire propose de nouvelles pistes militantes et trace une ligne de crête sur laquelle construire, à partir de perspectives minoritaires, un mouvement réellement inclusif.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.18.11.pngAPPRENDRE À RALENTIR

Blaise LECLERC, Éditions Terre Vivante, 2021

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Quelques décennies plus tard, nous continuons toujours à détourner le regard. Nos habitudes consuméristes ne font que mettre notre planète plus en alerte et ralentir est le seul moyen de commencer à désamorcer la catastrophe. En nous invitant à prendre du recul sur nos modes de vie, ce livre nous incite à remettre les choses en perspective, à réagir pour nous-mêmes et pour la planète. Ralentir est l’une des clés pour changer nos vies actuelles, surtout lorsque nous sommes surmené·es, stressé·es, emporté·es dans le tourbillon de la consommation et de la vitesse. Apprendre à ralentir apporte des éléments de réponse à la crise écologique, une solution au réchauffement climatique, et nous donne la possibilité d’être acteurs et actrices d’un monde juste, sensé et durable, pour ensemble créer un monde pérenne qui cesse de courir à sa perte.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.21.06.pngLE GUIDE PRATIQUE DE L'ÉCOGUERRIER

Catherine LEVESQUE, Éditions Delachaux & Niestlé, 2021

Vous aimeriez faire quelque chose pour la planète, mais vous ne savez pas par quoi commencer tellement la tâche est vaste ? Vous êtes désespéré par le poids des lobbies et l’inaction des États ? Ce manuel est fait pour vous ! Ce livre galvanisant est un guide pratique des actions possibles, qui vont des plus accessibles pour débutant aux plus radicales, de la simple adhésion à une association jusqu’à la participation à des actes de désobéissance citoyenne. Et il y en a ! Cette remarquable synthèse de la journaliste Catherine Levesque présente l’éventail des pistes connues ou inconnues qui vous permettront de participer aux combats écologiques et sociaux, devenus prioritaires aujourd’hui. Ces actions innovantes, dans des domaines aussi différents que le climat, la cause animale, la biodiversité, l’information, l’énergie ou la consommation, ont déjà fait leurs preuves. Elles ne demandent qu’à se développer, elles n’attendent que vous : vous n’avez maintenant que l’embarras du choix. La Terre va mal ? Écorésistons !


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.22.55.pngMIEUX AVEC MOINS

Philippe MADEC, Éditions Terre Urbaine, 2021

Le constat est connu et s’avère terrible : l’inhabitable se bétonne sur toute la planète. Les bâtisseurs en sont largement responsables ; ils savent qu’une tonne de béton engendre une tonne de CO2, que le sable s’épuise partout, que les tours sont énergivores, que les habitats «passifs » (qui consomment moins de 15 kWh/m2/an) ne sont pas encouragés, que le secteur du bâtiment et des travaux publics, en France, produit chaque année l’équivalent de 3 400 kilogrammes de déchets par habitant, soit 70 % du total, que les savoir-faire se perdent, que la déqualification des métiers du bâtiment se généralise, que des hectares de sol sont abusivement artificialisés, que les mégalopoles informes se déplient comme des nappes urbaines sans qualité... Face à ces désastres, des écologistes, hommes et femmes, proposent, depuis plus d’un siècle, des analyses, des solutions de rechange, d’autres manières de faire et de penser les « établissements humains » qui réparent la Terre et offrent à chaque habitant la possibilité d’y établir sa demeure en harmonie avec le vivant et en respectant la nature. Tout n’est pas désespéré... À la face noire des « dégâts du progrès », Philippe Madec oppose les « bonnes nouvelles » : l’impératif du réemploi, l’éloge du proche, le choix des énergies renouvelables, l’intensité relationnelle qui exalte l’intelligence collective, la puissance d’action au côté de la nature pour apaiser notre recours aux ressources naturelles, et pour aller vers un mieux avec moins...


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.24.45.pngPETIT TRAITÉ DE SOBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE

Barbara NICOLOSO, ECLM, 2021

Aujourd’hui, les habitudes de vie et les technologies qui y sont associées maintiennent les sociétés modernes en état d’ébriété énergétique permanent. Or la crise climatique et écologique suppose de mener une transition profonde de notre système énergétique carboné, non renouvelable et dispendieux vers un nouveau modèle fondé sur la sobriété, la satiété et des ressources renouvelables. Ce changement implique d’interroger nos besoins et nos usages énergétiques afin de faire face aux défis de la raréfaction et de la fluctuation des prix des ressources fossiles, de la sortie progressive du nucléaire et des inégalités économiques et sociales. Cela nécessite donc de repenser la façon dont nous utilisons l’énergie dans une grande partie des activités humaines : industrie, bâtiments, transports, agriculture, etc. La transition énergétique vers un modèle de société soutenable doit être une démarche collective et démocratique qui associe les pouvoirs publics, les entreprises et les citoyens dans des mutations sociales, économiques et culturelles déterminantes pour l’avenir de notre planète.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.28.59.pngSOUS LES PAVÉS, LA TERRE. AGRICULTURES URBAINES ET RÉSISTANCES DANS LES MÉTROPOLES.

Flaminia PADDEU, Éditions Seuil, 2021

L’agriculture urbaine va-t-elle transformer les métropoles ? En essor depuis le début du xxie siècle, cette pratique connaît un regain d’intérêt qui s’inscrit dans la prise de conscience des ravages de l’agriculture conventionnelle et de l’urbanisation. D’autant que la pandémie de Covid-19 a questionné le mode de vie citadin, fondé sur l’inégalité sociale d’accès à la nature, l’artificialisation des sols et une dépendance considérable aux importations agricoles. Dans les friches des quartiers populaires, les jardins partagés des centres-villes et les potagers en lutte, l’agriculture urbaine permet ainsi de produire, de résister et d’habiter autrement. Issu d’une enquête au long cours dans le Grand Paris, à New York et à Détroit, ce livre porte sur les efforts collectifs d’associations et d’individus pour reprendre et cultiver la terre dans les métropoles. Au fil des récits recueillis et des parcelles arpentées, il restitue la pluralité des espaces et des pratiques socio-écologiques, et rend compte des alliances et des conflits qui se nouent autour du retour de l’agriculture dans les ruines du capitalisme urbain.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.30.45.pngJE EST UN NOUS

Jean-Philippe PIERRON, Éditions Acte Sud, 2021

Pour répondre à la question « qui suis-je », nous ne cessons de raconter des histoires. Et parmi celles-ci, il y a nos liens à un animal, un arbre, une rivière ou des matières. Dire je, c’est exprimer combien nous sommes reliés à la nature par d’innombrables capillarités secrètes. Jean-Philippe Pierron mène l’enquête auprès de philosophes et penseurs de l’écologie. Souvent, la rencontre d’un animal ou d’un paysage a été le catalyseur de leur engagement, comme si une brèche poétique et sensible s’était ouverte en eux, permettant une nouvelle manière de se penser, d’agir et de sentir, comme si elle avait inauguré un style d’engagement, vivant humain parmi les vivants. Partant de ces constats, il invite chacun à faire retour poétiquement sur sa propre expérience, mettant au jour la dimension écobiographique de sa vie. Il interroge les conditions sociales et culturelles qui empêchent d’ordinaire de les évoquer, y trouvant une des raisons de la crise de nos liens avec la nature. Cet ouvrage travaille à l’expression des prémisses d’une transformation radicale, en vue de relations plus équilibrées et vivantes avec la nature.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.32.49.pngTOUT PEUT EXPLOSER. ENQUÊTE SUR LES RISQUES ET LES IMPACTS INDUSTRIELS

Paul, POULAIN, Éditions Fayard, 2021

Savez-vous combien d’accidents industriels subit la France chaque année ? Plus de 68 000. Environ 187 par jour. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal ! La plupart du temps, ils suscitent juste un entrefilet dans la presse régionale. Seuls les accidents les plus meurtriers font la une. AZF nous a ainsi douloureusement marqués il y a vingt ans. Trente et une personnes ont perdu la vie parce qu’une centaine de tonnes de nitrate d’ammonium avait explosé. Ce même matériau a provoqué plus de 200 morts à Beyrouth en 2020. Pourtant, des ports comme Marseille ou Saint-Malo continuent à en stocker jusqu’à 60 000 tonnes. Vous l’ignoriez ? Savez-vous seulement que des milliers de trains remplis de cette même matière dangereuse transitent, chaque matin, par la gare de triage de Drancy, en Seine-Saint-Denis ? À deux pas du RER B que 400 000 Franciliens empruntent quotidiennement ? Vous tremblez ? Vous pouvez. Et s’il n’y avait que ça. Imaginez, demain, la rupture du barrage de Vouglans dans le Jura. Plausible, vu l’état de vétusté de ces infrastructures. La vague que la rupture provoquerait pourrait atteindre la centrale nucléaire du Bugey dans l’Ain, entraînant potentiellement la libération d’un nuage radioactif à 30 kilomètres de Lyon. Cinq millions de personnes seraient menacées dans un rayon de 100 kilomètres. Que font nos dirigeants pour nous protéger de ces risques et de tant d’autres présentés dans ce livre ? Trop peu. En dix ans, 10 000 contrôles sur des sites dangereux ont été supprimés ; les budgets des pompiers, amputés. Quant aux industriels, pour faire des économies sordides ils remplacent des salariés par des intérimaires ou des sous-traitants : 92 % de ce personnel travaillant sur des sites à risques d’incendie n’ont pas été formés à l’utilisation d’un extincteur. Autant vous dire que...tout peut exploser.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.35.26.pngDEMAIN, UNE EUROPE AGROÉCOLOGIQUE

Xavier POUX & Pierre-Marie AUBERT, Éditions Acte Sud, 2021

Le temps est venu pour l’agroécologie de changer d’échelle : une production intégralement agroécologique, exempte de pesticides et d ’engrais de synthèse, est aujourd’hui envisageable à travers toute l’Europe. Au cœur de ce modèle porté par une nouvelle génération d’agriculteurs et d’agronomes : la disparition de l’élevage industriel qui rend possible l’autonomie fourragère et améliore la contribution de l’Europe aux équilibres alimentaires mondiaux. Loin d’être réservée à quelques fermes pionnières, l’agroécologie peut transformer en profondeur nos paysages pour le plus grand bénéfice du climat, de notre santé ainsi que celle de la faune et de la flore. Appuyant son propos sur une modélisation quantifiée, cet ouvrage explore également les modes d’organisation sociale et économique et les choix politiques qui peuvent rendre ce scénario plausible et désirable. On a dix ans pour lancer l’Europe sur les rails de l’agroécologie afin qu’en 2050 l’hypothèse devienne réalité.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.37.44.pngDEMAIN LA PLANÈTE

Xavier RICARD LANATA, Éditions PUF, 2021

La déglobalisation est aujourd’hui un processus mondial et inexorable. La question n’est plus de savoir si elle a lieu, mais quelle forme l’emportera. Car si les processus de mondialisation se poursuivent, la déglobalisation est devenue le « moteur » le plus puissant, parmi ceux qui régissent l’économie mondiale contemporaine. Xavier Ricard Lanata examine dans cet ouvrage l’ensemble des mécanismes de la déglobalisation qui pourraient mettre fin à un vaste mouvement intégrateur entamé il y a cinq siècles. Il envisage également plusieurs scénarios économiques possibles, allant d’une relocalisation mondiale de la production au développement d’une compétition agressive entre les États-Unis et la Chine en passant par la mise en place de nouveaux accords internationaux ou de larges blocus. Son analyse révèle combien nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance face à ce renversement historique, qui pourrait constituer une opportunité unique de réenchâsser l’économie dans le politique afin de concevoir une « altermondialisation non globale ». Ainsi l’auteur propose une voie nouvelle, à la fois « mondialiste » et « déglobaliste », comme la clé d’un avenir commun possible sur une Terre mise en partage.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.40.03.pngQU'EST-CE QU'UNE BIORÉGION ?

Mathias ROLLOT & Marin SCHAFFNER, Éditions Wildproject, 2021

La plupart des habitants d’un pays développé ne savent pas d’où vient l’eau qui coule au robinet, où partent les déchets jetés à la poubelle, quels types de sols sont sous nos pieds, quand est la prochaine pleine lune, quand planter quels légumes, quel oiseau chante le matin à nos fenêtres. Parler de biorégion, c’est se demander où et avec qui nous vivons en ce sens large, pour réapprendre de ces lieux où nous sommes – et pour cohabiter avec d’autres vivants. Une biorégion, c’est un lieu de vie où toutes les parties prenantes s’efforcent de vivre ensemble de façon pérenne. En repartant des bassins-versants, des microclimats, des types de sols, de la vitalité de la faune et de la flore, nos territoires habituels se redessinent.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.42.06.pngLA CROISSANCE VERTE CONTRE LA NATURE

Hélène TORDJMAN, Éditions La découverte, 2021

Fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n’ayant jamais existé pour leur faire produire de l’essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d’un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l’information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes... Telles sont quelques-unes des « solutions » envisagées aujourd’hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New Deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère. Sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ? En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de « croissance verte », Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s’attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours. Alors que de nouvelles générations de carburants « biosourcés » intensifient une logique extractiviste et contreproductive et que l’élargissement du droit de la propriété intellectuelle à toutes les sphères du vivant permet à quelques firmes de s’approprier l’ensemble de la chaîne alimentaire, l’attribution de prix aux « services écosystémiques », le développement de dispositifs de compensation écologique ou les illusions d’une finance prétendument verte stimulent un processus aveugle de marchandisation de la nature. Loin d’opérer la rupture nécessaire avec le système économique qui nous conduit à la ruine, ce mouvement témoigne en réalité d’une volonté de maîtrise et d’instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre et d’une foi inébranlable dans les mécanismes de marché. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.48.18.pngDES CHOSES DE LA NATURE ET DE LEURS DROITS

Sarah VANUXEM, Éditions Quae, 2020

Le droit de l’environnement est souvent perçu comme un instrument de marchandisation de la nature. Sarah Vanuxem en expose ici une autre vision : une conception « a-moderne », qui ne repose pas sur la division entre des choses-objets et des personnes-sujets. Colonne vertébrale de notre droit moderne, cette division n’est peut-être pas sans rapport avec la dégradation des milieux naturels. Le pari de l’auteure est d’amener le droit de l’environnement par-delà les objets et les sujets de droit, par-delà la conception juridique occidentale moderne. S’appuyant sur les travaux de Philippe Descola et, en particulier, sur l’analogisme comme alternative à la modernité ou au naturalisme, et sur certains des principes de l’ancien droit, Sarah Vanuxem précise ses réflexions en étudiant l’obligation réelle environnementale, la notion de service écologique, le principe de solidarité écologique, la compensation écologique ou bien encore la réparation du préjudice écologique. Cet ouvrage s’adresse autant aux juristes, de l’environnement notamment, qu’à tout chercheur ou étudiant des sciences du vivant. Sa lecture interpellera aussi toute personne intéressée par les évolutions actuelles de nos sociétés sur les questions environnementales.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.50.24.pngL'ÉCONOMIE DÉSIRABLE. SORTIR DU MONDE THERMO-FOSSILE

Pierre VELTZ, Éditions Seuil/République des idées, 2021

La dynamique de la société « hyper-industrielle » est-elle compatible avec l’urgence écologique ? Les gains d’efficacité considérables mis en œuvre par la machine industrielle ne suffiront pas à enrayer la catastrophe écologique qui menace. De nouveaux régimes de sobriété sont nécessaires. Mais, pour être désirables, ils doivent s’inscrire dans une réorientation des priorités productives : santé, éducation, alimentation, loisirs, sécurité, mobilité. Cette économie humano-centrée est en train d’émerger, mais son versant collectif reste largement à construire. C’est là que se trouvent les emplois permettant de sortir du monde thermo-fossile. Ainsi pourra-t-on fonder une nouvelle base productive, plus durable, enfin recentrée sur les besoins essentiels des êtres humains.


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.51.56.pngMUTATION

Nathanaël WALLENHORST, Éditions Le pommier, 2021

La mutation ne sera pas transhumaniste, elle sera politique Depuis quelques années, des groupuscules transhumanistes fantasment une mutation humaine. En nous « augmentant », nous pourrions vaincre la mort, et véritablement être « comme des dieux ». Mais opportunément, les mêmes, refusant tout déterminisme biologique, minimisent la véritable mutation en cours : celle de la planète. Or, si elle est bel et bien le défi du siècle, une mutation humaine doit nécessairement prendre acte des limites de la Terre. Elle procédera non d’une amélioration ou d’une augmentation de l’individu, mais d’un changement radical de la façon dont nous coexistons, entre humains, et entre humains et non-humains. Elle portera sur cet espace qui est « entre ». Bref, elle sera politique. Dans cet essai, Nathanaël Wallenhorst poursuit son travail d’analyse de l’Anthropocène en dénonçant cette soif qui nous pousse à la possession illimitée et à la domination. La mutation qu’il appelle de ses vœux ? Repenser l’humanité comme une aventure en conciliant biologie et politique, jaillissement de la vie et organisation de la pensée. Et cela ne va pas sans résistance ni critique du néolibéralisme...


Capture d’écran 2022-01-12 à 17.53.48.pngPETITE ET GRANDE HISTOIRE DE L'ENVIRONNEMENT. KONRAD VON MOLTKE.

Claire WEILL, Éditions Museo, 2021

Citoyen du monde, passeur, penseur et stratège, Konrad von Moltke s’est trouvé à la croisée de toutes les forces qui ont forgé l’histoire de l’environnement. Le combat acharné qu’il a mené, au sein et à la lisière des institutions, a contribué à tracer et à faire bouger les lignes d'une gouvernance européenne, puis mondiale en faveur du développement durable. Ce pionnier a notamment joué un rôle majeur dans l’inscription du principe de précaution dans le traité de Maastricht. Son histoire et ses engagements nous entraînent dans une visite des lieux et des mouvements qui ont rendu la cause environnementaliste incontournable partout sur le globe.