La VIe République, pourquoi, comment? Par B.François dans Alternatives Économiques

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Tribune de Bastien François, Vice-président de la Fondation de l'Écologie Politique, dans Alternatives Économiques.

La démocratie représentative affronte une crise de confiance de très grande ampleur. Cette situation n’est bien sûr pas propre à la France, la désaffection des urnes et la distance croissante entre représentants et représentés marquent les systèmes politiques démocratiques dans le monde entier.

Elle n’est pas non plus nouvelle, même si son terreau a connu de profonds bouleversements depuis le début du XXe siècle, qui la rendent plus compliquée à appréhender : professionnalisation accrue de l’activité politique, complexification des clivages sociaux, fragmentation des espaces publics, allongement des chaînes d’interdépendance qui relient les individus, etc.

Enfin, elle n’a pas une cause unique, facilement identifiable et qui appellerait une réponse simple, même si le système institutionnel français – autrement dénommé Ve République –, caractérisé par la concentration et la verticalité de l’exercice du pouvoir politique d’une part, et l’absence de contre-pouvoirs efficaces d’autre part, porte sa part de responsabilité dans cette crise, voire contribue à l’aggraver.

La crise démocratique que nous vivons n’a pas un épicentre unique. Son lieu n’est pas d’abord, ou seulement, la Constitution. Dans les années 1970, le sociologue Michel Crozier publiait un livre au titre fameux : On ne change pas la société par décret. On ne change pas non plus la société par Constitution. Il ne faut jamais trop attendre d’une Constitution, même dans le meilleur des mondes constitutionnels possible. Une Constitution peut être un obstacle au renouveau nécessaire des modes de gouvernement, de délibération et de représentation – c’est le cas aujourd’hui en France – mais elle peut-être aussi un outil pour restaurer la confiance dans la politique, pour libérer les énergies, pour ouvrir des espaces d’action. C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de remettre sur le métier la question institutionnelle pour refonder un pacte démocratique en mesure d’affronter les défis inédits du gouvernement du XXIe siècle. C’est ce projet que l’on nomme VIe République. L’élection présidentielle en est l’occasion.

Cette entreprise n’a de chance d’aboutir que si elle mobilise le plus grand nombre et ne se réduit pas à des préconisations d’experts....

La suite de la tribune à lire sur le site d'Alternatives Économiques: 

http://www.alternatives-economiques.fr/vie-republique/00078068

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