Actualité éditoriale - Mai et Juin 2020

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Veille de l'actualité éditoriale de l'écologie politique proposée par la FEP

Mai

Juin


Mai 2020

écolo-dépression.jpg Comment rester écolo sans finir dépressif

Laure NOUALHAT

Tana Éditions, 256 pages, 18.90€

Ça y est ! Tout le monde l’adore et tout le monde s’en revendique : l’écologie. La société entière semble mûre pour devenir verte ! À un détail près : devenir écolo, c’est basculer dans les affres du doute et des drames. Les limites sont atteintes, les espèces disparaissent sous nos yeux ébahis, notre ciel fait des siennes, notre cadre de vie change à vue d’œil… L’écologie est le royaume de la mauvaise nouvelle, et notre météo intérieure n’y est plus au beau fixe. On appelle cela l’éco-anxiété, la solastalgie, la dépression verte, le burn out bio.

Les premiers à avoir dégusté sont les scientifiques scrutant les atermoiements de Gaïa, et dans leur foulée les journalistes environnementaux et les militants d’ONG, qui ont alerté sans relâche. Une question nous tenaille : quel est leur secret pour rester debout ? Peuvent-ils nous montrer une voie, celle de la résilience, de l’acceptation, de la marche vers un avenir moins naïf et plus juste ?

À partir de son expérience personnelle de journaliste environnementale, Laure Noualhat va partir à la rencontre de congénères atteints, eux aussi, par l’écodépression, qui lui confieront de quelle façon ils ont remonté la pente, forgé leur salut et retrouvé leur confiance en l’avenir. Ce livre vous propose d’embarquer pour un voyage qui mène de la sidération à la résilience, au fil de pistes et d’outils pour aller mieux, en naviguant à votre rythme d’une étape à l’autre. Parce que, comme on dit chez les Kennedy, on ne va pas se laisser abattre !


ecologie-reinvente-la-politique.jpg Comment l'écologie réinvente la politique - Pour une économie des satisfactions

Jean HAËNTJENS

Rue de l'échiquier, 160 pages, 15€

La montée en puissance de l’urgence écologique n’est pas seulement en train de bouleverser les échiquiers politiques. Elle remet en cause nos modes de vie, nos façons de consommer, de produire, de financer et de gouverner, et donc le modèle dominant de l’économie des richesses. Pour absorber cette onde de choc, et en tirer le meilleur, il ne suffira pas de « verdir » nos pratiques ni de critiquer les pouvoirs en place. Il faudra disposer d’un autre cadre de pensée : c’est l’ambition de ce livre.

En s’appuyant sur l’analyse des « systèmes de satisfaction » qui ont précédé et préparé l’actuelle société de consommation et sur les exemples de pouvoirs locaux qui ont réussi à engager des conversions écologiques efficaces, Jean Haëntjens jette les bases de ce que pourrait être une économie des satisfactions. Il utilise ensuite ce cadre pour construire des réponses concrètes et inédites à trois défis contemporains : l’inertie de nos sociétés face à l’urgence écologique, l’implosion de la démocratie et la montée en puissance d’un cybercapitalisme qui aspire à gouverner le monde.

Au-delà son apport conceptuel, Jean Haëntjens propose une méthode politique fondée sur la notion de satisfaction. Il s’adresse à toutes celles et tous ceux qui veulent faire advenir une société compatible avec les limites de la planète. Et, plus largement, à toutes les personnes préoccupées par les défis écologiques et sociopolitiques contemporains.


limites-planétaires.JPG Les limites planétaires

Aurélien BOUTAUD et Natacha GONDRAN

La Découverte, 126 pages,10€

La question des limites environnementales a traversé les XIXe et XXe siècles sans vraiment parvenir à s’imposer. La donne serait-elle en train de changer en ce début de XXIe siècle ? Face à la multiplication des atteintes portées au « système Terre », la communauté scientifique s’est lancée depuis quelques années dans un projet aussi urgent qu’ambitieux : proposer aux décideurs et au grand public un aperçu des principales variables qui déterminent l’équilibre des écosystèmes à l’échelle planétaire. Au-delà du climat et de la biodiversité, ces travaux abordent également des questions moins connues du grand public, comme le déséquilibre des cycles biogéochimiques, le changement d’affectation des sols, l’introduction de polluants d’origine anthropique dans les écosystèmes ou encore l’acidification des océans. Autant d’enjeux pour lesquels la communauté scientifique essaie aujourd’hui de déterminer des frontières à ne pas dépasser si l’humanité veut éviter les risques d’effondrement.


voyage-effondrement.jpg Voyages en effondrement – Un pire évitable ou une période à vivre ?

Valérie GARCIA et Marc PLEYSIER

Les éditions Utopia, 384 pages, 10€

Effondrement ? La récente pandémie Covid-19 a rendu plus concret l’objet de réflexion initié par cette étrange population autodéclarée collapsologue. Cette crise sanitaire mondiale sera-t-elle un accélérateur de l'effondrement de la civilisation thermo-industrielle?

Si le sujet est inquiétant, il est aussi vital et passionnant. Le foisonnement des débats et l’extension récente de cette interrogation à un plus large public le confirment. Au-delà des nouveaux spécialistes: philosophes, scientifiques, collapsologues et maintenant épidémiologistes, les auteur.es, associant enquêtes, observations de terrain, argumentations scientifiques, écopsychologie et intuitions, exposent leurs cheminements, réflexions et prévisions sur cette question.

De quoi parle-t-on ? Est-ce inévitable? Quels sont les changements prévisibles ? Quelles sont encore nos marges de manœuvre? Est-ce que cela sera dramatique ? Pour qui ? L’effondrement a-t-il déjà commencé ? Va-t-il être brutal ou s’étaler sur plusieurs décennies?

Mi-récit mi-essai, à la fois décalé, incisif, accessible et drôle, ce livre est la juxtaposition de plusieurs voyages simultanés: parcours intellectuels et émotionnels ; transformation de l'engagement militant; voyage à vélo sur le thème de l’effondrement ; création et évolution de l'écolieu de vie collectif des auteur.es et enfin leur vision pour les années à venir.

L’objectif de cet ouvrage, après avoir dissipé les illusions de la transition écologique, est d’inviter à l’action afin de développer nos résiliences individuelles et collectives. Pour les auteur.es, l’effondrement, en même temps qu’une succession de catastrophes pour les humains actuels, est aussi porteur d’opportunités et de brèches où s’engouffrer.


loup-agneau-despret.JPG Quand le loup habitera avec l'agneau

Vinciane DESPRET

La Découverte, 330 pages, 20€

Les animaux ont bien changé au cours des dernières années. Les babouins mâles qui semblaient tellement préoccupés de hiérarchie et de compétition nous disent à présent que leur société s’organise autour de l’amitié avec les femelles. Les corbeaux, qui avaient si mauvaise réputation, nous apprennent que, quand l’un d’eux trouve de la nourriture, il en appelle d’autres pour la partager. Les moutons, dont on pensait qu’ils étaient si moutonniers, n’ont aujourd’hui plus rien à envier aux chimpanzés du point de vue de leur intelligence sociale. Et nombre d’animaux qui refusaient de parler dans les laboratoires behavioristes se sont mis à entretenir de véritables conversations avec leurs scientifiques. Ces animaux ont été capables de transformer les chercheurs pour qu’ils deviennent plus intelligents et apprennent à leur poser, enfin, de bonnes questions. Et ces nouvelles questions ont, à leur tour, transformé les animaux…
Depuis la première édition de ce livre, les uns et les autres ont continué à se surprendre et un chapitre inédit nous fait découvrir leurs avatars les plus récents. Aujourd’hui, des rats rient dans leurs laboratoires, des perroquets australiens apprennent, avec leurs scientifiques, à mieux collaborer. Quant aux babouins, on découvre que certains auraient domestiqué des chiens et apprivoisé des chats ! Ce livre fourmille de mille exemples et histoires et nous invite à nous demander si tous ces êtres ne sont pas occupés à nous poser une question politique.


réparons-le-monde.jpg Réparons le monde - Humains, animaux, nature

Corine PELLUCHON

Éditions Rivages, 288 pages, 8.80€

Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l'humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l'égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l'écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C'est à cette éthique qui n'a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.


ensemble-justice.jpg Ensemble nous demandons justice - Pour en finir avec les violences environnementales

Priscilla LUDOSKY & Marie TOUSSAINT

Massot Éditions, 224 pages, 15€

« Nous voulons relier les combats. Car depuis toujours, les puissants détruisent la planète tout en détruisant nos vies. Car depuis toujours, on nous promet l’égalité sociale et l’avancée des droits, l’Eden d’un monde toujours plus beau et ruisselant de miel bio. Car depuis toujours, on a asservi la Terre pour mieux asservir les humains, on a exploité les êtres pour mieux exploiter la Terre. Il est temps. Demandons justice. »

Les violences environnementales font des victimes : celles des boues rouges en Corse, de l’amiante dans les lycées marseillais, des algues vertes en Bretagne, de la pollution de l’air à Grenoble…

Dans une première partie, ce document raconte et analyse une quinzaine de cas en France, où l’exploitation de la nature tue mais se poursuit pour l’enrichissement des plus riches. Un dossier central est consacré à un des plus gros scandales sanitaires de ce dernier demi-siècle : l’empoisonnement des terres par le chlordécone aux Antilles. Dans la partie qui clôt le livre, les deux autrices, armées de leur expérience en droit, politique et militantisme, donnent des pistes pour mettre fin à ces injustices.


Juin 2020

politique-flamant-rose.jpg Politiques du flamant rose - Vers une écologie du sauvage

Raphaël MATHEVET et Arnaud BÉCHET

Wildproject, 200 pages, 18€

Le flamant rose nichait régulièrement en Camargue, jusqu’aux années 1960. Après de nombreux efforts de surveillance, de comptage, de baguage, de création de site de reproduction, de gestion de l’eau, l’espèce se reproduit à nouveau et a retrouvé des effectifs importants : elle n’est plus menacée.

Mais un îlot créé à la pelle mécanique, surveillé de près par scientifiques et gardiens, dans un bassin de pré-concentration d’une exploitation industrielle de sel de mer, ce n’est pas vraiment l’idée qu’on se fait du sauvage.

L’histoire du sauvetage du flamant rose révèle un vaste réseau d’acteurs qui participent à la protection de la nature, en particulier dans le cadre du plus grand projet de restauration écologique d’Europe. Dans l’ombre de ce succès, se dissimulent de nombreuses questions sur l’état de la nature et des relations que nous entretenons avec elle.

Politiques du flamant rose raconte, au plus près du terrain, les histoires, les conflits et les alliances d’un territoire – et invite à penser les conditions de coexistence avec le reste du vivant.


lutter-gaspillage.jpg Écologie et Politique n°60 - Lutter contre le gaspillage : réforme ou révolution ?

Isabelle HAJEK (coordination)

Bord de l’Eau, 200 pages, 20€

Alors que la production de déchets a de nos jours pris des proportions inédites dans l’histoire de l’humanité, le renforcement des politiques de prévention et de recyclage a réactivé l’idée de lutte contre le gaspillage. En prenant appui sur la longue durée, montrant la relation étroite entre le gaspillage et la dynamique même du capitalisme, il s’agit d’interroger la capacité de rupture des initiatives et des pratiques en plein essor – zéro déchet, repair café, glanage et récupération… – qui s’inscrivent dans cette lutte. Loin de faire l’unanimité, la notion de gaspillage cristallise un antagonisme fondateur au sein de l’écologie politique et des mouvements environnementaux proche de l’alternative énoncée par André Gorz dès le milieu des années 1970 : « réforme ou révolution ? », accompagner ou refuser un modèle de société capitaliste fondé sur le gaspillage ? Ce dossier permet de réexaminer cette « seconde vie » de la notion de gaspillage. Et si la récup’ dans les sociétés d’hyperconsommation servait de motif à celle du mouvement social et donnait à un mode de production les moyens de se redéployer face à la crise écologique ?


saboter-pipeline.jpg Comment saboter un pipeline

Andreas MALM

La Fabrique, 160 pages, 14€

« Nous dressons nos campements de solutions durables. Nous manifestons, nous bloquons, nous adressons des listes de revendications à des ministres, nous nous enchaînons aux grilles, nous nous collons au bitume, nous manifestons à nouveau le lendemain. Nous sommes toujours parfaitement, impeccablement pacifiques. Nous sommes plus nombreux, incomparablement plus nombreux. Il y a maintenant un ton de désespoir dans nos voix ; nous parlons d’extinction et d’avenir annulé. Et pourtant, les affaires continuent tout à fait comme avant – business as usual. À quel moment nous déciderons-nous à passer au stade supérieur ? »

Confrontant l’histoire des luttes passées à l’immense défi du réchauffement climatique, Andreas Malm interroge un précepte tenace du mouvement pour le climat : la non-violence et le respect de la propriété privée. Contre lui, il rappelle que les combats des suffragettes ou pour les droits civiques n’ont pas été gagnés sans perte ni fracas, et ravive une longue tradition de sabotage des infrastructures fossiles. La violence comporte des périls, mais le statu quo nous condamne. Nous devons apprendre à lutter dans un monde en feu.


Nous-et-les-animaux.jpg Nous et les animaux

Esther BENBASSA (dir)

Les Petits Matins, 94 pages, 6€

Une ère nouvelle est-elle en train de s’ouvrir pour les animaux ? Des avancées scientifiques remettent en cause nos préjugés sur leurs capacités de raisonnement, de langage et d’innovation technique ; elles montrent qu’ils ont la faculté de ressentir et d’exprimer des sentiments et des émotions proches des nôtres. La société, de son côté, est de plus en plus sensibilisée à la question de la souffrance animale, encline à changer ses habitudes de consommation alimentaire et culturelle pour ne plus cautionner les maltraitances liées à l’élevage industriel, aux conditions d’abattage indignes ou à certains divertissements. Accompagnant ces évolutions, le Code civil stipule depuis 2015 que « l’animal est un être vivant doué de sensibilité »… tout en continuant cependant de le soumettre au régime des « biens ».

Il est temps, nous dit cet ouvrage, d’aller plus loin et d’élever les animaux au rang de sujets de droit. Pour leur bien-être, mais aussi pour le nôtre et celui de la planète dans son ensemble. C’est pourquoi il se conclut par une proposition de loi « pour un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal ». L’heure a sonné d’une autre cohabitation avec les animaux.


vivre-avec-le-trouble.jpg Vivre avec le trouble

Donna J. HARAWAY

Les Éditions des Mondes à Faire, 400 pages, 28€

Face aux désastres entraînés par l’anthropocène et le capitalocène, il y a urgence à penser et agir différemment. C’est ce que Haraway propose de faire dans Vivre avec le trouble, en racontant d’autres histoires, en renouvelant notre rapport au temps et aux autres espèces. Prenant ses distances avec toute forme de futurisme (du salut technologique aux discours apocalyptiques) elle explore ces temps troublants et troublés que nous vivons afin d’y déceler les possibles qu’ils recèlent.
Épaissir le présent, favoriser l’épanouissement multispécifique, générer des alliances improbables et des "parentèles dépareillées" pour ne pas céder à l’effroi ou l’indifférence, voilà ce à quoi nous invite ce livre.


ecologie-sans-transition.jpg Écologie sans transition

Désobéissance Écolo Paris

Éditions Divergences, 220 pages, 14€

Devant l'ampleur planétaire du désastre, un nouveau mouvement écologiste a émergé au fil des marches pour le climat, des grèves de la jeunesse et des actions de désobéissance. Mais sa stratégie se réduit encore à adresser une demande de transition à de supposés décideurs. Pour Désobéissance Écolo Paris, collectif à l'origine des grèves scolaires dans la capitale, on a déjà perdu trop de temps à demander aux pyromanes d'éteindre l'incendie. L'inertie de ce monde n'appelle pas une transition, mais une rupture. Pratiquer une écologie sans transition consiste à interrompre dès maintenant l'oeuvre destructrice de l'économie et à composer les mondes dans lesquels nous voulons vivre. Et cela, d'un même geste.


dernier-avion.jpg Le dernier avion – Comment le trafic aérien détruit-il notre environnement

Sébastien PORTE

Tana Éditions, 256 pages, 18.90€

Avec quatre milliards de passagers chaque année, l’avion n’est plus seulement le symbole de la modernité triomphante, il est aussi et surtout celui des outrages portés au climat et à l’environnement. Les gaz à effet de serre qu’il dégage dans l’atmosphère contribuent au dérèglement climatique, et la masse de touristes qu’il déverse aux quatre coins du monde abîme les milieux et les paysages. Comment imaginer que, comme le prévoit l’industrie aéronautique, le nombre d’appareils en circulation double et que le nombre de passagers quadruple d’ici à 2050 ?
La crise sanitaire liée au coronavirus a provoqué la mise à l’arrêt du trafic aérien. Nous devons nous saisir, nous dit l’auteur, de ce moment historique pour nous interroger sur les effets de la frénésie touristique, du culte de la vitesse et de nos envies de « tout voir ».
Tout en débusquant les pratiques de greenwashing du secteur de l’aviation et les fausses bonnes solutions (biocarburant, avion électrique), ce livre nous donne des pistes politiques (fermer les liaisons intérieures, rétablir les trains de nuit, en finir avec l’ultra-low cost) et individuelles pour entamer une décroissance aéronautique. Il ne s’agit pas de renoncer aux voyages et au plaisir de découvrir le monde, mais plutôt d’apprendre à voyager mieux.


solidarité-animale.JPG Pour une solidarité animale – Défaire la société spéciste

Yves BONNARDEL et Axelle PLAYOUST-BRAURE

La Découverte, 192 pages, 18€

Malgré la visibilité croissante de la « question animale », la confusion règne parmi ses divers commentateurs. Les termes dans lesquels le débat est posé, y compris dans les milieux progressistes, empêchent d’en comprendre les enjeux véritables.

C’est en particulier le cas pour la notion de « spécisme », qui désigne une discrimination fondée sur le critère de l’espèce, et postule la supériorité des humains sur les autres animaux. Cette hiérarchisation des individus selon leur espèce a pourtant des effets très concrets : aujourd’hui, ce sont plus de 1 000 milliards d’animaux qui sont exploités et tués chaque année pour leur chair, parmi lesquels une vaste majorité d’animaux aquatiques. Comment est-il possible de continuer à justifier toutes ces souffrances et morts d’êtres pourvus de sensibilité ?

Cet ouvrage, en dévoilant l’impasse théorique, éthique et politique dans laquelle nous enferme la société spéciste, clarifie les réflexions développées par le mouvement antispéciste en France. Proposant une synthèse claire et accessible, Axelle Playoust-Braure et Yves Bonnardel montrent en quoi le spécisme est une question sociale fondamentale et plaident en faveur d’un changement de civilisation proprement révolutionnaire.


écosocialisme-effondrement.jpg Trop tard pour être pessimistes ! - Écosocialisme ou effondrement

Daniel TANURO

Textuel, 320 pages, 19.90€

« Changeons le système, pas le climat » : la catastrophe écologique a commencé. Les capitalistes s’en frottent les mains, prêts à nous vendre leurs fausses solutions. Les collapsologues prétendent quant à eux qu’on ne peut rien faire. Refusant le cynisme des uns et le fatalisme des autres, Daniel Tanuro, référence mondiale de la gauche écologique, pose ici les jalons d’une alternative à l’effondrement qui vient : l’écosocialisme.

Pédagogue érudit, il analyse avec brio la crise du coronavirus et la façon dont elle annonce malheureusement des crises encore plus graves qui toutes prennent racine dans la civilisation capitaliste industrielle, ainsi que dans les structures raciales et patriarcales de la modernité. Polémiste hors-pair, il démonte les promesses intenables du « capitalisme vert » comme les limites du Green New Deal de la gauche américaine.

Enfin, soucieux de compléter le geste critique par une proposition alternative, Daniel Tanuro esquisse une proposition politique révolutionnaire pour conjurer le désastre : « produire moins, transporter moins, partager plus ».



5G-mon-amour.jpg 5G mon amour - Enquête sur la face cachée des réseaux mobiles

Nicolas BÉRARD

Le Passager Clandestin, 240 pages, 14€

La France compte plus de cartes SIM en circulation que d'habitant·es, et demain, avec l'arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes « intelligentes ».

Mais est-on vraiment sûr que l'utilisation tous azimuts d'ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d'une enquête sur l'envers de ce "miracle technologique".

Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ?

A l'aube du développement d'une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public.


écosocialisme-löwy.jpg Écosocialisme - L'alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste

Michael LÖWY

Le Temps des Cerises, 244 pages, 14€

Qu’est-ce que l’écosocialisme ? Il s’agit d’un courant de pensée et d’action écologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme, tout en le débarrassant de ses scories productivistes. La logique capitaliste du marché et du profit, de même que celle de l’autoritarisme bureaucratique de feu le « socialisme réel », est incompatible avec les exigences de sauvegarde de l’environnement. Les écosocialistes critiquent les impasses actuelles de l’écologie politique, qui ne met pas en question le pouvoir du capital. L’écosocialisme est donc une proposition radicale qui vise non seulement à une transformation des rapports de production, de l’appareil productif et des modèles de consommation dominants, mais aussi à créer un nouveau paradigme de civilisation, en rupture avec les fondements de la civilisation capitaliste/industrielle occidentale moderne. Michael Löwy nous présente les idées de ceux qui souhaitent que « la valeur d’échange soit remplacée par la valeur d’usage », et que « la production soit organisée en fonction des besoins sociaux et des exigences de la protection de l’environnement ».


petit_dico.jpg Petit dictionnaire impertinent pour la planète

Jacques-Rémy Girerd

Libre & Solidaire, 156 pages, 10€

Ce dictionnaire buissonnier revisite par ordre alphabétique, dans une visée modérément encyclopédique, les mots et les notions relevant de l'état de santé de notre planète : son pouls, la courbe de ses températures, sa radio pulmonaire, son bilan carbone et cardiaque, les détails de sa coloscopie, ses déficits immunitaires, ses états de sévices, ses confitures et ses déconfitures... Parfois, devant la gravité de certains maux ou de certains mots, l'auteur avance des solutions qui sortent des sentiers battus et frisent l'impertinence clinique.

Certains trouveront ces antidotes sagaces, d'autres légèrement tirés par les cheveux. Le fond est sérieux et documenté, la forme est ludique, humoristique, parfois iconoclaste. Les solutions proposées ouvrent à la réflexion. L'écologie est souvent traitée sur un mode grave, ici elle est explorée d'une autre manière, l'idée étant que chacun prenne la pleine mesure de la conjoncture et réfléchisse dans la bonne humeur au moyen de s'impliquer personnellement, par des actions individuelles ou des initiatives collectives, dans la sauvegarde de ce qui nous est le plus cher au monde.


écologie-pour-sauver-nos-vies.jpg L’écologie pour sauver nos vies

Noël MAMÈRE

Les Petits Matins, 158 pages, 14€

Comment conjurer l’effondrement d’un monde arrivé à ses limites ? Que ferons-nous du « jour d’après » la crise du Covid-19, sachant que le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité sont toujours à l’oeuvre et qu’ils restent la principale menace pour l’espèce humaine ? Il serait suicidaire de nous acharner à poursuivre le même mode de vie, destructeur et inégal. Mais nous reste-t-il assez de lucidité pour sortir d’un déni qui laisse la porte ouverte aux marchands de fin du monde et aux populistes ? Comment dessiner un monde soutenable et désirable ?

Noël Mamère répond à ces questions en tissant un lien entre les alertes des penseurs de l’écologie du XXe siècle, tels Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, et la colère salutaire de la « génération climat », consciente qu’il n’y a pas de « planète B ». Ses propres combats de terrain et son expérience d’écologiste nourrissent une réflexion argumentée sur le rôle que doit jouer l’écologie politique aujourd’hui. Sur l’une des issues de secours à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons, il est écrit « écologie » : c’est par là qu’il faut passer !


manuel-droit-environnement.jpg Manuel de droit de l'environnement

Laurent FONBAUSTIER

PUF, 356 pages, 21€

L’ouvrage présente le droit de l’environnement à travers sa récente histoire, les enjeux et les défis liés à son insertion dans les ordres juridiques contemporains. Après s’être intéressé aux concepts et aux sources juridiques stratifiées de la discipline, il analyse les principes et les droits environnementaux, puis s’achève par des développements consacrés aux institutions et aux politiques de la protection de l’environnement. Donnant toute leur part aux difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre du droit de l’environnement, ce manuel alterne entre synthèse et mise en perspective d’une part, et illustrations concrètes et techniques d’autre part. Les exemples sont tirés des politiques sectorielles de protection de l’environnement dans les domaines variés de l’eau, de l’air et des déchets, de l’énergie, de la préservation des espèces et des espaces, de l’encadrement juridique des pollutions et des nuisances liées aux activités industrielles.


comme-une-bete.jpg Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien)

Cédric TALING

Rue de l’échiquier, 128 pages, 17.90€

Richard, un acteur quadra de la région parisienne, entretient une relation presque paternelle avec sa filleule Camille, 13 ans. La découvrir soudain végétarienne, lors d’un barbecue, déclenche chez lui une profonde remise en question. En tant qu’adulte, il est ébranlé par les choix radicaux, mais cohérents, de l’adolescente, d’autant que Camille est très au fait de la maltraitance des animaux et des conséquences climatiques de nos pratiques alimentaires.

Au fil des pages, Richard va peu à peu s’éveiller à l’antispécisme, au végétarisme et au vivant en général. En discutant avec Camille, devenue un guide, il sent poindre en lui le désir de devenir végétarien à son tour. Mais parviendra-t-il à changer son mode de vie et à se défaire de ses automatismes ?

Auteur de Thoreau et moi (2019), inspiré par la pensée du philosophe américain Henry David Thoreau, Cédric Taling explore ici la question de l’alimentation, avec l’originalité et l’humour qui lui sont propres.

Dans Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien), il tient la chronique des grandes étapes du passage à un régime végétarien, en décrivant notamment les relations passionnantes au monde animal de certaines cultures non européennes et en rendant accessibles les toutes dernières découvertes scientifiques sur le règne végétal.

Cette bande dessinée met également en scène comment l’alimentation, et plus généralement les enjeux écologiques, peuvent nourrir une confrontation féconde entre des générations qui ne partagent pas spontanément la même vision du monde.


recyclage-le-grand-enfumage.jpg Recyclage : le grand enfumage - Comment l'économie circulaire est devenue l'alibi du jetable

Flore BERLINGEN

Rue de l’échiquier, 128 pages, 13€

Dans un contexte de surconsommation des ressources et d’explosion de la quantité de nos déchets, le recyclage apparaît telle la panacée face à l’hérésie de la mise en décharge ou de l’incinération. Nous voudrions croire aux vertus d’un système qui nous permettrait de continuer à consommer « comme si de rien n’était », en faisant juste l’effort de trier. Les campagnes de communication émanant d’acteurs publics ou privés entretiennent ce mirage, en faisant l’impasse sur les limites du recyclage.

Observatrice privilégiée de la gestion des déchets, Flore Berlingen décrypte les promesses de cette économie faussement circulaire, qui entretient le mythe de produits recyclables à l’infini. Elle démontre comment ses caractéristiques, dans la lignée du productivisme et du capitalisme, contribuent à perpétuer l’utilisation du jetable.

À l’heure où la crise sanitaire du Covid-19 favorise un retour en force des produits à usage unique, menaçant les timides avancées de ces dernières années, n’est-il pas urgent de réfléchir au modèle industrialo-économique que nous souhaitons voir advenir ? De rééquilibrer les efforts, moyens et financements investis en faveur d’une gestion des ressources véritablement pérenne ?


lettre-à-greta.jpg Lettre à Greta Thunberg - Pour en finir avec le XXe siècle

Laurent DE SUTTER

Seuil, 96 pages, 9.90€

Qui est Greta Thunberg ? Héroïne d’un présent assombri par le désastre climatique en cours pour les uns, incarnation de la bêtise catastrophiste du contemporain pour les autres. Pourtant, ce qu’elle nous apprend va au-delà du jeu d’échec des « pour » et des « contre » qui plombe les débats relatifs à l’écologie. Ce qu’elle nous apprend est tout simplement une nouvelle manière de penser et d'agir à l’aune de la crise que nous traversons.

Avec Greta Thunberg, la figure de l’intellectuel jugeant le monde depuis la certitude de sa connaissance se voit déboulonnée au profit d’une autre, qui ne craint plus de regarder en face l’incertitude de toute connaissance. Car il y aura toujours une raison d’attendre, une donnée manquante, une théorie non vérifiée, une hypothèse sur un risque non expurgée de valeurs. Or ce dont nous avons besoin, aujourd’hui, est autre chose, qui prend la forme d’un savoir que nous ne pouvons pas maîtriser – le savoir de l’urgence. De ce savoir, Greta Thunberg est désormais l’incarnation. Et Laurent de Sutter propose de se mettre à son école.


et-si-hopkins.jpg Et si... ? - Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons

Rob HOPKINS

Actes Sud, 304 pages, 23€

Et si... le pouvoir de changer le cours des choses en profondeur était entre nos mains ? Et si... en réalité, nous avions à disposition, sons en avoir vraiment conscience, un des outils les plus puissants qui existent ? Et si... en plus, on se mettait ensemble pour y arriver ? Rob Hopkins nous invite à rêver en remettant l'imagination au coeur de nos vies quotidiennes. John Dewey définit l'imagination comme la possibilité de regarder les choses comme si elles pouvaient être autres.
C'est cette capacité de pouvoir dire "Et si..." et d'envisager un autre monde plus en cohérence avec nos aspirations et les besoins de notre société. En ces temps de catastrophes climatiques, de perte de biodiversité, d'insécurité alimentaire, d'appauvrissement des écosystèmes et de crises communautaires, notre futur - sans parler de notre présent - semble plutôt sombre. Pourtant, comme nous le rappelle Rob Hopkins, des changements drastiques, rapides et inattendus sont possibles, et ce pour le meilleur.
Il a pu observer les améliorations en cours partout dons le monde. Des individus et des communautés ont d'ores et déjà emprunté le chemin de l'imagination. Dans cette exploration passionnée, Rob Hopkins interroge le déclin de notre imagination et la manière dont nous pourrions lui redonner de la vigueur. Car, une fois qu'on l'aura fait, plus rien ne nous résistera. Et si... ? est un appel à l'action pour libérer notre imagination collective et initier des changements rapides et profonds pour un meilleur futur.


dico-anthropocène.jpg Dictionnaire critique de l'Anthropocène

Collectif

CNRS Éditions, 944 pages, 39€

Si les changements environnementaux liés à l’humanité ne font aucun doute, leur ampleur et leurs conséquences ne sont pas si faciles à évaluer. Pour le savant, il s’agit d’établir les liens de causalité et les impacts avec le plus de précision possible, puis de poser un diagnostic. Le présent dictionnaire s’appuie sur le concept récent d’« anthropocène », qui a le mérite, qu’on l’approuve ou non, de relancer la réflexion sur les rapports entre nature et société, entre constat scientifique et action politique, à travers une approche spatiale et territoriale. Procédant de façon critique, et fruit d’une démarche collective, cette vaste entreprise éditoriale se fonde sur une pratique de terrain, attentive aux détails et méfiante à l’égard des discours pré-établis.
Parmi les 330 notices, plusieurs thèmes sont au cœur des débats contemporains (biodiversité, changement climatique…), d’autres se réfèrent à des courants de pensée (écoféminisme, transhumanisme…). Les concepts mobilisés abordent des questions politiques (capitalocène, justice environnementale…), philosophiques (catastrophes, Gaïa…), ou épistémologiques (finitude, population…). Des notions classiques sont réinterrogées (nature, ressource…), tandis que des concepts sont précisés (biosphère, écosystème…).
D’autres notices discutent de mécanismes environnementaux (érosion, tsunami…), de pratiques récentes (agroécologie, ville durable…), de phénomènes territorialisés (déforestation, désertification…) ou d’artefacts (aéroport, autoroute…). Certaines examinent des lieux emblématiques (Amazonie, Fukushima…). D’autres, enfin, offrent un regard original sur l’anthropocène, sa faune (chien, ours…), ses mutations socio-économiques, institutionnelles ou politiques (biopiraterie, ZAD…).
Un dictionnaire de référence sur un concept devenu incontournable.


écotopie.jpg Kit pour voyager en Écotopie

Vincent DUBAIL

Tana Éditions, 240 pages, 18.90€

Confrontés à nos schémas destructeurs et aux limites planétaires, nous devons déverrouiller et nourrir notre imaginaire pour créer un futur désirable. C’est le sens de ce voyage en écotopie, où l’imagination devient action politique. L’écotopie n’est pas une fiction, c’est une idée qui se met en œuvre pour devenir un lieu où foisonnent les solutions écologiques concrètes.
Munis d’un sac à dos avec tout l’équipement nécessaire pour affronter les péripéties du voyage (carnet de bord, boussole, montre, encyclopédie de la nature, carte et couteau suisse), nous cheminons avec l’auteur vers un nouveau pays, un pays écologique. Pour devenir les acteurs de la révolution écologique, il nous faudra modifier radicalement notre mode de vie, notre comportement et nos actions, tant à l’échelle individuelle qu’à l’échelle collective. La France écotopique que nous découvrirons est une société juste, idéale et égalitaire. Le pays est réensauvagé, les humains cohabitent avec les non-humains, ils se sont réapproprié des lieux de vie, créant des sociabilités nouvelles, les individus s’accomplissent en dehors du travail, maîtrisent leur économie et leur temps, le modèle agricole intensif a laissé place à des pratiques respectueuses du vivant, qui repensent le produire et le consommer, et la démocratie s’exerce au quotidien…
Ce livre, à la fois original et ludique, réactive les principes et les espoirs des utopies écologiques et sociales du XIXe siècle (Fourier, Thoreau, Goldman, Kropotkine). Fondamentalement ancré dans le réel, il ébranle avec finesse et intelligence l’ordre établi tout en donnant du sens et une direction à notre société.
Il est grand temps de partir ensemble sur les rivages de l’écotopie !


attac-lll.png Ce qui dépend de nous - Manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire

Attac

Les Liens qui Libèrent, 96 pages, 10€

Après la pandémie, le mot « relocalisation » est désormais dans toutes les bouches. Minimaliste et cosmétique dans sa version néolibérale, haineuse dans sa version nationaliste, la relocalisation peut aussi être écologique et solidaire. C’est cette voie, apte à fédérer largement, que détaille ce manifeste auquel ont contribué, à l’initiative d’Attac, des militant·e·s et chercheur·e·s d’horizons variés.

Le capitalisme productiviste appauvrit les pauvres et dévaste la biosphère. Il est désormais vital de redéfinir et redistribuer les richesses, de démocratiser la société et l’économie, d’affirmer la solidarité inclusive et notre interdépendance avec la Terre et le vivant.

Les mouvements sociaux et altermondialistes travaillent depuis plus de vingt ans à concevoir et expérimenter des alternatives : elles sont aujourd’hui mûres, crédibles et radicales. Pour les imposer aux dominants, il va falloir les partager et les bonifier avec le plus grand nombre, et nourrir nos luttes par des complicités et des alliances inédites. Voilà « ce qui dépend de nous ».