Nos publications

  • Note de la FEP #16 - Déconstruire les imaginaires urbains

    Par Mathilde GIRAULT

    Alors que, proportionnellement à leurs populations, les villes concentrent consommation d’énergie, production de déchets ou émission de gaz à effet de serre (cf. Faburel, 2019, pour la FEP, note n°13), l’urbain est toujours promu comme la seule solution pour répondre aux enjeux écologiques, notamment sous la forme récente de la « ville intelligente » (cf. Jarrige, 2020, pour la FEP, note n° 14). Economies d’échelle, efficience dans la gestion des ressources ou encore transformation écologique des modes de vie, les villes nourrissent tous les espoirs d’une transition des environnements et des modes de vie.
    Pourtant, les annonces faites depuis les années 2000 d’un changement paradigmatique de l’urbanisme en réponse aux enjeux environnementaux (sous les traits momentanés d’un développement urbain durable) semblent de peu d’effets pour une mutation des expertises territoriales. Les environnements urbains ne cessent de se dégrader, tandis que des disparités spatiales se dessinent entre les pratiques environnementales des habitants en milieu urbain ou rural. Dès lors, le rôle prétendument salvateur des villes dans les scénarii et les politiques interpelle. Il semblerait y avoir quelques blocages à penser d’autres perspectives écologiques pour l’action territoriale que celles pensées pour le seul urbain. Parmi ces résistances, nos imaginaires associés à la (grande) ville semblent jouer un rôle fort.
    Ces imaginaires posent l’urbain comme structurant (1) de notre compréhension des enjeux, (2) de nos représentations de l’avenir et (3) de nos modes d’action. Questionner ce méta-récit de l’urbain nous permet alors de libérer les débats et actions politiques pour la prise en compte du vivant et de la biodiversité, la renaturation des territoires et le besoin social de liens renouvelés à la terre. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les solutions proposées en dehors du méta-récit de l’urbain seraient nécessairement écologiques, mais il n’est plus à ce jour tenable de réaliser une transition écologique tant que l’urbain constitue notre seul opérateur réflexif du monde.

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  • Note de la FEP #15 - Mobilités urbaines durables : faux-semblants et alternatives

    Par Hélène REIGNER

    Promouvoir des alternatives pour s’orienter vers un système de transport et de déplacements écologiquement soutenable est désormais une priorité politique affichée à toutes les échelles de gouvernement (local, national, international). Cette priorité s’est traduite par un renouveau de la planification urbaine mettant l’accent sur la nécessaire interface entre urbanisme et transport. Au début des années 2000, la loi Solidarité et renouvellement urbains est ainsi venue renforcer la portée juridique des Plans de déplacements urbains (PDU) pour en faire un outil à même « d’intégrer dans le développement économique et les choix d’urbanisation, des enjeux de qualité urbaine et de protection de l’environnement, pour donner une priorité nouvelle aux autres modes de déplacement que l’automobile ». La prise en charge de cet enjeu consensuel a d’ores et déjà produit des inflexions notables des politiques publiques : réduction de la place de l’automobile dans certains espaces urbains, promotion de la marche à pied et du vélo, renouveau des objets du transport public notamment.
    Pour autant, les politiques contemporaines de transport et de déplacements ne sont pas dénuées d’ambivalences. Elles ne chercheraient pas tant à freiner globalement le système automobile qu’à déplacer la voiture en la canalisant sur des infrastructures routières de contournement. Autrement dit, si les politiques contemporaines en faveur de la mobilité durable aboutissent bel et bien à limiter les nuisances automobiles sur certains territoires urbains stratégiques et symboliques de la « ville où il fait bon vivre », elles continuent simultanément d’améliorer l’accessibilité automobile à l’échelle de la « métropole des flux » et d’alimenter la mobilité généralisée nécessaire à la croissance de nos sociétés capitalistes contemporaines.

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    • Démocratie

    Note de la FEP #14 - L'impasse des smart cities

    Par François JARRIGE

    La « ville intelligente », traduction française de l’anglais « smart city », a désormais totalement envahi le langage des autorités métropolitaines, remodelé les choix politiques comme les visions de la ville du futur. Derrière cette ville dite « intelligente », il y a d’abord l’obsession pour les réseaux numériques censés permettre une optimisation des ressources comme des flux d’information et de matière. L’expression désigne en effet une ville qui développe les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour « améliorer » la qualité des services urbains ou réduire ses coûts.
    Comme l’explique un rapport officiel rédigé par un élu ardent promoteur de la « république numérique », « il s’agit de construire une ville collaborative, contributive, disruptive, inclusive, créative »1. La « ville intelligente », désormais omniprésente dans la presse comme dans d’innombrables espaces de pouvoir, désigne un mode de développement urbain censé être plus résilient. Il s’agit d’affronter les immenses défis écologiques et sociaux en développant des outils de gestion des infrastructures communicantes afin d’étendre l’automatisation et ainsi améliorer la qualité de vie des citoyens, dans le respect de l’environnement. Censés offrir des réponses technologiques et numériques aux défis environnementaux du présent, la smart city devient peu à peu une grande idéologie, promue par d’innombrables experts et publicitaires, soutenue par les grands groupes industriels et les pouvoirs publics, vantés dans les médias et – depuis 2010 – dans un grand évènement annuel appelé le « Smart City World Congress ».
    Pourtant, au-delà des promesses sans cesse répétées, les réalisations semblent au contraire accélérer les dynamiques inégalitaires et anti-écologiques des métropoles futuristes. Surtout, avec la smart city, une nouvelle étape est franchie dans le brouillage du langage, dans la gestion automatisée de nos vies, et dans la relance du projet de modernisation productiviste de l’urbain.

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    • Démocratie

    Note de la FEP #13 - De la métropolisation... au post-urbain

    Par Guillaume FABUREL

    Processus engagé depuis plusieurs décennies à l’échelle planétaire, la métropolisation est un des faits majeurs des mutations contemporaines, sociales et économiques, écologiques et politiques. Cette métropolisation affecte les grandes villes comme milieux et cadres de vie, et plus largement l’ensemble des territoires, qui sont dorénavant tous concernés par l’urbain. Cette note explicite une telle évolution, en livre les principales conséquences, et, sur cette base, s’ouvre aux ruptures possibles par l’écologie politique, pour alors envisager les conditions d’une société post-urbaine.

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    • Démocratie

    Note de la FEP #12 - Interdire les armes nucléaires

    L’élimination des armes nucléaires fait partie des fondamentaux de la pensée écologiste. Les individus et mouvements qui s’en réclament ont participé à cette dynamique qui a permis d’arrêter les essais nucléaires, d’apporter reconnaissance aux victimes et aujourd’hui d’interdire ces armes de destruction massive…

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    • Nature
    • Histoire de l'écologie

    [PARUTION-OUVRAGE] Penser l'Anthropocène

    En librairie le 1er mars

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    • Démocratie

    Comment saisir les inégalités environnementales?

    Éléments de déchiffrage en Seine-Saint-Denis

    Les catégories mises à l’épreuve des vécus

    Par Alice CANABATE

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    • Nature

    Les Notes de la FEP #11 - La compensation écologique

    Un des grands défis du XXIe siècle est de réconcilier le développement humain avec la préservation de la biodiversité.

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    • Nature
    • Histoire de l'écologie

    [Publication] RECLAIM Recueil de textes écoféministes

    Textes choisis et présentés par Émilie Hache, postface par Catherine Larrère

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    • Alimentation
    • Nature

    Les Notes de la FEP #10 - Agriculture urbaine

    Fonction alimentaire, sociale, écologique... qu'attendons-nous de l'agriculture urbaine?

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    • Démocratie
    • Histoire de l'écologie

    Les Notes de la FEP #9 - Écologie et régionalisme

    La région a une place particulière dans l’idéologie, l’organisation et la stratégie des écologistes en politique. La décentralisation fait partie des fondamentaux écologistes, de même que l’attachement à la démocratie locale, la promotion de la diversité culturelle et la défense des minorités.

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    • Démocratie
    • Energie

    Les Notes de la FEP #8 - Catastrophes nucléaires et «normalisation» des zones contaminées

    La minimisation des impacts catastrophiques d’un accident ­nucléaire est en passe de devenir un grand classique de notre temps, et ce non seulement dans les pays où la présence d’installations nucléaires est importante, comme la France, ou dans les pays ayant déjà subi un accident, comme le Japon ou la Biélorussie, mais également dans les pays qui en sont dépourvus. Cette minimisation, qui semble s’imposer avec force, relève de la capacité de «résilience» des nucléaristes, c’est-à-dire des industriels, des Etats nucléaires, ainsi que de certaines instances de régulation, nationales comme internationales.

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  • Les Actus Éditoriales

    Collection des actualités éditoriales de l'écologie politique proposées par la FEP

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  • Note de la FEP #16 - Déconstruire les imaginaires urbains

    Par Mathilde GIRAULT

    Alors que, proportionnellement à leurs populations, les villes concentrent consommation d’énergie, production de déchets ou émission de gaz à effet de serre (cf. Faburel, 2019, pour la FEP, note n°13), l’urbain est toujours promu comme la seule solution pour répondre aux enjeux écologiques, notamment sous la forme récente de la « ville intelligente » (cf. Jarrige, 2020, pour la FEP, note n° 14). Economies d’échelle, efficience dans la gestion des ressources ou encore transformation écologique des modes de vie, les villes nourrissent tous les espoirs d’une transition des environnements et des modes de vie.
    Pourtant, les annonces faites depuis les années 2000 d’un changement paradigmatique de l’urbanisme en réponse aux enjeux environnementaux (sous les traits momentanés d’un développement urbain durable) semblent de peu d’effets pour une mutation des expertises territoriales. Les environnements urbains ne cessent de se dégrader, tandis que des disparités spatiales se dessinent entre les pratiques environnementales des habitants en milieu urbain ou rural. Dès lors, le rôle prétendument salvateur des villes dans les scénarii et les politiques interpelle. Il semblerait y avoir quelques blocages à penser d’autres perspectives écologiques pour l’action territoriale que celles pensées pour le seul urbain. Parmi ces résistances, nos imaginaires associés à la (grande) ville semblent jouer un rôle fort.
    Ces imaginaires posent l’urbain comme structurant (1) de notre compréhension des enjeux, (2) de nos représentations de l’avenir et (3) de nos modes d’action. Questionner ce méta-récit de l’urbain nous permet alors de libérer les débats et actions politiques pour la prise en compte du vivant et de la biodiversité, la renaturation des territoires et le besoin social de liens renouvelés à la terre. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les solutions proposées en dehors du méta-récit de l’urbain seraient nécessairement écologiques, mais il n’est plus à ce jour tenable de réaliser une transition écologique tant que l’urbain constitue notre seul opérateur réflexif du monde.

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  • Note de la FEP #15 - Mobilités urbaines durables : faux-semblants et alternatives

    Par Hélène REIGNER

    Promouvoir des alternatives pour s’orienter vers un système de transport et de déplacements écologiquement soutenable est désormais une priorité politique affichée à toutes les échelles de gouvernement (local, national, international). Cette priorité s’est traduite par un renouveau de la planification urbaine mettant l’accent sur la nécessaire interface entre urbanisme et transport. Au début des années 2000, la loi Solidarité et renouvellement urbains est ainsi venue renforcer la portée juridique des Plans de déplacements urbains (PDU) pour en faire un outil à même « d’intégrer dans le développement économique et les choix d’urbanisation, des enjeux de qualité urbaine et de protection de l’environnement, pour donner une priorité nouvelle aux autres modes de déplacement que l’automobile ». La prise en charge de cet enjeu consensuel a d’ores et déjà produit des inflexions notables des politiques publiques : réduction de la place de l’automobile dans certains espaces urbains, promotion de la marche à pied et du vélo, renouveau des objets du transport public notamment.
    Pour autant, les politiques contemporaines de transport et de déplacements ne sont pas dénuées d’ambivalences. Elles ne chercheraient pas tant à freiner globalement le système automobile qu’à déplacer la voiture en la canalisant sur des infrastructures routières de contournement. Autrement dit, si les politiques contemporaines en faveur de la mobilité durable aboutissent bel et bien à limiter les nuisances automobiles sur certains territoires urbains stratégiques et symboliques de la « ville où il fait bon vivre », elles continuent simultanément d’améliorer l’accessibilité automobile à l’échelle de la « métropole des flux » et d’alimenter la mobilité généralisée nécessaire à la croissance de nos sociétés capitalistes contemporaines.

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  • Note de la FEP #14 - L'impasse des smart cities

    • Démocratie

    Par François JARRIGE

    La « ville intelligente », traduction française de l’anglais « smart city », a désormais totalement envahi le langage des autorités métropolitaines, remodelé les choix politiques comme les visions de la ville du futur. Derrière cette ville dite « intelligente », il y a d’abord l’obsession pour les réseaux numériques censés permettre une optimisation des ressources comme des flux d’information et de matière. L’expression désigne en effet une ville qui développe les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour « améliorer » la qualité des services urbains ou réduire ses coûts.
    Comme l’explique un rapport officiel rédigé par un élu ardent promoteur de la « république numérique », « il s’agit de construire une ville collaborative, contributive, disruptive, inclusive, créative »1. La « ville intelligente », désormais omniprésente dans la presse comme dans d’innombrables espaces de pouvoir, désigne un mode de développement urbain censé être plus résilient. Il s’agit d’affronter les immenses défis écologiques et sociaux en développant des outils de gestion des infrastructures communicantes afin d’étendre l’automatisation et ainsi améliorer la qualité de vie des citoyens, dans le respect de l’environnement. Censés offrir des réponses technologiques et numériques aux défis environnementaux du présent, la smart city devient peu à peu une grande idéologie, promue par d’innombrables experts et publicitaires, soutenue par les grands groupes industriels et les pouvoirs publics, vantés dans les médias et – depuis 2010 – dans un grand évènement annuel appelé le « Smart City World Congress ».
    Pourtant, au-delà des promesses sans cesse répétées, les réalisations semblent au contraire accélérer les dynamiques inégalitaires et anti-écologiques des métropoles futuristes. Surtout, avec la smart city, une nouvelle étape est franchie dans le brouillage du langage, dans la gestion automatisée de nos vies, et dans la relance du projet de modernisation productiviste de l’urbain.

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  • Note de la FEP #13 - De la métropolisation... au post-urbain

    • Démocratie

    Par Guillaume FABUREL

    Processus engagé depuis plusieurs décennies à l’échelle planétaire, la métropolisation est un des faits majeurs des mutations contemporaines, sociales et économiques, écologiques et politiques. Cette métropolisation affecte les grandes villes comme milieux et cadres de vie, et plus largement l’ensemble des territoires, qui sont dorénavant tous concernés par l’urbain. Cette note explicite une telle évolution, en livre les principales conséquences, et, sur cette base, s’ouvre aux ruptures possibles par l’écologie politique, pour alors envisager les conditions d’une société post-urbaine.

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  • Note de la FEP #12 - Interdire les armes nucléaires

    • Démocratie

    L’élimination des armes nucléaires fait partie des fondamentaux de la pensée écologiste. Les individus et mouvements qui s’en réclament ont participé à cette dynamique qui a permis d’arrêter les essais nucléaires, d’apporter reconnaissance aux victimes et aujourd’hui d’interdire ces armes de destruction massive…

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  • [PARUTION-OUVRAGE] Penser l'Anthropocène

    • Nature
    • Histoire de l'écologie

    En librairie le 1er mars

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  • Comment saisir les inégalités environnementales?

    • Démocratie

    Éléments de déchiffrage en Seine-Saint-Denis

    Les catégories mises à l’épreuve des vécus

    Par Alice CANABATE

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  • Les Notes de la FEP #11 - La compensation écologique

    • Nature

    Un des grands défis du XXIe siècle est de réconcilier le développement humain avec la préservation de la biodiversité.

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  • [Publication] RECLAIM Recueil de textes écoféministes

    • Nature
    • Histoire de l'écologie

    Textes choisis et présentés par Émilie Hache, postface par Catherine Larrère

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  • Les Notes de la FEP #10 - Agriculture urbaine

    • Alimentation
    • Nature

    Fonction alimentaire, sociale, écologique... qu'attendons-nous de l'agriculture urbaine?

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  • Les Notes de la FEP #9 - Écologie et régionalisme

    • Démocratie
    • Histoire de l'écologie

    La région a une place particulière dans l’idéologie, l’organisation et la stratégie des écologistes en politique. La décentralisation fait partie des fondamentaux écologistes, de même que l’attachement à la démocratie locale, la promotion de la diversité culturelle et la défense des minorités.

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